15 avril 1940

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Guerre en mer

Le sous-marin allemand U-49 coulé à Narvik

Norvège

Les troupes britanniques débarquent près de Narvik mais ne parviennent pas à attaquer la ville



Bataille de Stonne 15-17 mai 1940

Publier par David Lehmann » 14 mars 2004, 03:28

BATAILLE DE STONNE (15-18 mai 1940)

Voir le post plus tard pour la version mise à jour.

Publier par Musashi » 14 mars 2004, 12:01

Publier par David Lehmann » 14 mars 2004, 15:00

Je prépare un sujet sur les batailles d'Abbeville dont je suis plus documenté et pourrai discuter aussi de tous les manques et carences de l'armée française lors de ces attaques sur la Somme.
A Stonne je n'ai rien lu sur le soutien aérien, concernant l'armée de l'air française je pense pouvoir dire qu'il n'y avait pas d'avions en soutien, sur les Allemands c'est possible.
L'action de Bilotte dans la rue principale était impressionnante mais les autres chars de sa compagnie n'ont tout simplement pas suivi à cause du manque de communication et de coordination français contrairement aux chars allemands, et certains ont été immobilisés.

Voici une autre photo de PzIV allemands perdus près de Stonne :

Publier par Rommel8 » 14 mars 2004, 18:08

Sur votre photo où vous avez encerclé les marques sur le Panzer IV, il semble qu'aucune d'entre elles n'ait pénétré.

Publier par David Lehmann » 14 mars 2004, 18:29

Comme indiqué, j'ai trouvé les photos sur http://www.wehrmacht-awards.com/ et comme il est écrit dessus, elles proviennent de la collection d'Akira Takiguchi. Je n'ai pas encerclé les impacts. Je ne sais pas exactement ce qui a tiré sur ce Panzer IV, comment il a été désactivé et comment les membres d'équipage ont été tués (voir les tombes à côté du char). Je peux difficilement vous en dire plus sur ce PzIV puisque je n'ai pas d'infos précises.
Il est évident que sur certaines autres photos le trou de pénétration est plus flagrant comme sur ce SdKfz-222 détruit par un obus français de 75mm en route vers Paris ou ce PzIII de 4.PzD probablement touché lors de la bataille de Gembloux. Sur le PzIV n°711, au sommet de la tourelle on dirait des schrapnels, un obus désactivé ? Pour les autres je ne sais pas. Le Panzer est en mauvais état mais ce qui s'est passé exactement, je ne peux pas vous le dire désolé.

Publier par Rommel8 » 15 mars 2004, 02:09

Publier par Andréas » 18 mars 2004, 11:55

Publier par Bob_Mackenzie » 12 déc 2006, 10:13

Pour ressusciter un vieux fil - quelqu'un a-t-il une bonne carte topographique de la région avec les 5 km environ ?

Publier par manteau rouge » 12 déc. 2006, 14:09

Merci de le faire, c'est une histoire incroyable

ps,
Quelqu'un a-t-il des informations sur ce qui est arrivé au lieutenant Bilotte et à son équipage

Publier par David Lehmann » 12 déc 2006, 22:32

Puisque cet ancien fil a été ressuscité, permettez-moi de poster des notes plus complètes sur cette bataille.
J'ai également collecté sur mon HD un bon nombre de photos de la zone pour vous donner une meilleure idée du théâtre d'opérations mais je ne peux pas toutes les poster sur ce forum.

Le Heeresgruppe A (Rundstedt) est lancé le 10 mai 1940 en direction de la Meuse. Il traversera le Luxembourg, avancera en Belgique et en France à travers les Ardennes et atteindra la Meuse le 12 mai.

Le Heeresgruppe A est composé de 37 divisions allemandes (dont 7 divisions blindées et 3 divisions d'infanterie motorisée) et contient, entre autres éléments :
• 1 762 chars dans la 7 Panzerdivisionen
• Environ 550 voitures blindées (392 dans la 7 Panzerdivisionen, 78 dans les 3 divisions d'infanterie motorisée et environ 80 dans les divisions d'infanterie restantes)
• 6 canons AT automoteurs lourds (8.8cm FlaK (Sfl) auf Sd.Kfz.8 de 1./s.Pz.Jg.Abt.8, attaché à 1.PzD)
• 30 canons d'infanterie lourds automoteurs (15cm sIG.33 auf PzI)
• 18 canons d'assaut (Sturmgeschütz III)
• Probablement tous les 99 Panzerjäger I (chasseurs de chars) ?
--> 2 465 AFV concentrés contre les forces alliées faibles dans les Ardennes

Le 13 mai, après avoir traversé les Ardennes en Belgique, le XIX.AK (mot.) du général Guderian franchit la Meuse à Sedan avec les 1.PzD, 2.PzD, 10.PzD et le régiment d'infanterie "Grossdeutschland", lourdement soutenu par la Luftwaffe. Les 14 et 15 mai, une percée est réalisée entre les 2e et 9e armées françaises. Les ordres donnés aux troupes allemandes du XIX.AK (mot.) le 14 mai à 14h00 sont les suivants :
• Régiment "Grossdeutschland" avec 2 groupes d'artillerie lourde : prendre les hauteurs de Stonne et couvrir le flanc sud.
• 1.PzD : attaque à l'ouest, franchissement du canal des Ardennes à Malmy et Omicourt.
• 2.PzD ​​: attaque à l'ouest, franchissement du canal des Ardennes à Hannogne
• 10.PzD : cette division est tardive et toujours autour de Sedan. Il soutiendra le régiment "Grossdeutschland" à Stonne.

Les collines boisées du Pays du Mont-Dieu dominent la plaine à 15 km au sud de Sedan. La ville de Stonne et sa colline dite du "Pain de Sucre" (335m d'altitude) se situent entre le Mont-Dieu et le Mont-Damion. A Stonne, l'avance allemande pouvait être stoppée. De Stonne une contre-attaque française pourrait éventuellement être lancée sur le flanc des colonnes allemandes. La conquête de Stonne est donc considérée comme importante pour les armées allemandes et françaises.

Le 15 mai, lors des premiers combats à Stonne il y a aussi une série de batailles pour retarder le 1.PzD et le 2.PzD ​​après la percée allemande dans les Ardennes belges Le 3e BS défend la ville de La Horgne pendant 10 heures contre la moitié le 1.PzD. Des éléments avancés du 14e DI (I/152e RI, II/152e RI, 2e BCP), des vestiges du 5e DLC (I/15e RDP) et des éléments du 208e RI (53e DI) défendent également plusieurs communes (La Bascule, Poix-Terron, Baâlons, Chagny, Bouvellemont, Mazerny, Wignicourt, Faissault etc.) contre le 1.PzD qui avance. Ce même jour voit également la bataille de Flavion en Belgique opposant le 1e DCr aux 5.PzD et 7.PzD.

La zone du bois du Mont Dieu est tenue par les troupes françaises face à l'assaut allemand du 15 au 25 mai. Pendant ce temps, il y a d'importantes batailles à Stonne, Les Grandes Armoises, Tannay et Le Chesne. Au cours de ces combats, les Français ont perdu environ 3 000 hommes dont environ 1 000 KIA. Les pertes allemandes étaient encore plus élevées, des études sérieuses les estiment 3 fois plus élevées.

Du 15 au 25 mai, des combats acharnés se dérouleront dans le quartier du Mont Dieu (dont Stonne), à ​​seulement 15 km au sud de Sedan. L'Aisne (et surtout la région de Rethel), également au sud de Sedan dans les Ardennes, résistera jusqu'au 11 juin. Les Ardennes françaises connaîtront donc plusieurs des batailles les plus sanglantes de mai-juin 1940. les Ardennes (10 % du nombre total de 100 000 KIA). Du côté allemand il y a environ 9 500 KIA dans les Ardennes en mai-juin 1940 pour un total de 45 218 KIA durant la campagne. Ainsi, environ 21% des KIA allemands se sont sentis dans les Ardennes françaises. La plupart d'entre eux ont été tués dans la région de Stonne / Tannay (environ 2 000 KIA) et du 9 au 10 juin lors de l'attaque des lignes françaises sur l'Aisne (en particulier dans la région de Rethel) avec environ 3 500 KIA.

*** La bataille de Stonne (15-18 mai 1940) ***

--> FORCES ALLEMANDES :

Guderian engage dans la région de Stonne le régiment d'infanterie motorisée "Grossdeutschland", des éléments du 10.PzD (Panzer-Regiment 8) et du génie du 1.PzD. La présence d'éléments à la fois du 1.PzD et du 10.PzD est confirmée par les prisonniers de guerre allemands capturés par les troupes françaises.

-- 10.PzD --
PzI : 44
PzII : 113
PzBef : 18
PzIII : 58
PzIV : 32
TOTAL = 265

Le 10.PzD compte 265 chars le 10 mai. Le Panzerjäger Abteilung 521 (avec 18 Panzerjäger I) est rattaché au 10.PzD et le régiment "Grossdeutschland" comprend la Sturmgeschütz-Batterie 640 (6 Sturmgeschütze III Ausf.B) pour un total de 289 chars allemands, canons d'assaut et chasseurs de chars.

Auflklärung Abteilung 90 (10.PzD) a une force de 56 voitures blindées.

Théoriquement, dans chacune des Aufklärung Abteilung (AA) il y a :
• QG de bataillon avec 1 SdKfz.247
• Peloton des transmissions
--o 1 SdKfz.263 (Fu)
--o 1 SdKfz.261 (Fu)
--o 1 SdKfz.260 (Fu)
• 2 compagnies de véhicules blindés avec chacune :
--o Siège social de l'entreprise avec 1 SdKfz.247
--o Détachement du signal avec 4 SdKfz.223 (Fu) et 1 SdKfz.263 (Fu)
--o Peloton lourd avec 3 6-Rad SdKfz.231 et 3 8-Rad SdKfz.232 (Fu)
--o Peloton léger avec 6 SdKfz.221
--o Peloton léger avec 4 SdKfz.221 et 4 SdKfz.222
--> TOTAL : 56 voitures blindées (dont 20 voitures blindées avec un canon de 2,0 cm L/55)

Le 17 mai, des éléments de la 2.ID (mot) couvrent la retraite du régiment d'infanterie "Grossdeutschland" et du 10.PzD. Ils sont remplacés par les 16.ID, 24.ID et 26.ID du VI.AK.

Les troupes françaises dans la région du Mont Dieu sont alors confrontées :
• La 16.ID [attaque dans le secteur du Mont Damion et Stonne] – à droite
• La 24.ID [attaque dans le bois du Mont Dieu] – sur le front
• La 24.ID + la 26.ID [attaque vers Tannay et cote 276] – à gauche

Le dernier AA 2 impliqué (2.ID mot.) contient 26 véhicules blindés (une seule compagnie) et les 3 divisions d'infanterie ont un peloton de véhicules blindés de 3 véhicules blindés [l'un était un SdKfz.14 Funk-Kraftwagen (non armé, ouvert- véhicule radio surmonté), les deux autres étaient des SdKfz.13 MG-Kraftwagen (finement blindé, à toit ouvert, avec une capacité tout-terrain minimale mais armé d'un seul MG34 derrière un petit bouclier blindé)].

Il y a donc d'abord 56, puis 26 et plus tard 9 blindés potentiels impliqués dans le secteur du Mont Dieu. Cela fait un total de potentiellement 380 AFV allemands disponibles dans la région entre le 15 et le 17 mai.
Du 17 mai au 25 mai il n'y a donc que quelques blindés mais des témoignages parlent de chars allemands également présents à cette période. S'agit-il encore de plusieurs chars ou blindés du 10.PzD ? Diverses unités de canons automoteurs et de chasseurs de chars ? Des éléments d'armée / corps d'armée peuvent également avoir été impliqués. Les troupes allemandes ont également eu un fort soutien de la Luftwaffe pendant toute la bataille.


--> FORCES FRANÇAISES :

Pour défendre le secteur du Mont-Dieu, les troupes françaises comprennent le 3e DCr (réduit à 138 chars au lieu de 160 chars), le 3e DIM et plusieurs groupes de reconnaissance. Les chars du 3e DCr ne sont pas concentrés autour de Stonne mais répartis de Stonne à l'est jusqu'aux environs de La Cassine.

-- 3e DCr (Division Cuirassée) --

Le 3e DCr a été créé le 20 mars 1940. Puisqu'au moins 4 mois de formation étaient nécessaires pour faire d'un DCr une unité opérationnelle, le 3e DCr n'était pas tout à fait prêt le 10 mai. Les différents commandants étaient :
• Général Brochard (20 mars 1940)
• Général Buisson (16 mai 1940)
• Colonel Le Brigant (7 juin 1940)
• Général Buisson (11 juin 1940)

• 5e Demi-brigade lourde (lieutenant-colonel Maître) (5e demi-brigade lourde)
--o 41e BCC (commandant Malaguti)
--o 49e BCC (commandant Préclaire)
---> 63 chars Renault B1bis au lieu des 69 chars théoriques (1 char de commandement demi-brigade et 2 bataillons de 31 chars + 3 chars de réserve)

• 7e Demi-brigade légère (lieutenant-colonel Salanié) (7e demi-brigade légère)
--o 42e BCC (commandant Vivet)
--o 45e BCC (commandant Bézanger) – Bataillon de gendarmerie
--> 75 chars Hotchkiss H39 au lieu des 90 chars théoriques (1 char de commandement demi-brigade et 2 bataillons de 40 chars + 5 chars de réserve)

Le 3/42e BCC (3e compagnie du 42e BCC, 15 chars Hotchkiss H39) fut en effet envoyé avec le FECS (Corps Expéditionnaire Français en Scandinavie) en avril 1940. En Norvège il devint le 342e CACC (Compagnie Autonome de Chars de Combat - compagnie de chars indépendante).

• 16e BCP (Bataillon de Chasseurs Portés - commandant Waringhem) mais avec seulement 50% de ses véhicules tout terrain (dont 9 canons 25mm SA34/37 AT)

• 319e RATTT (Régiment d'Artillerie à Tracteurs Tout Terrain – colonel Laurent)
(avec 24 obusiers de 105 mm C Mle1935 Bourges)
Le régiment manque de caissons à munitions et se trouve donc souvent à côté des routes. De nombreux postes de radio font également défaut.

• 133/84e Compagnie mixte de transmission

Le 3e DCr manque de plusieurs de ses véhicules de dépannage et de ravitaillement tout-terrain prévus. La batterie divisionnaire AT ainsi que la compagnie du génie manquent également.


-- 3e DIM (Division d'Infanterie Motorisée) --

Les premières divisions d'infanterie motorisée ont été formées au début des années 30. Initialement, il devait y en avoir 5, mais au printemps 1935, ce nombre est passé à 7. Malgré leur nom, ce n'étaient pas des unités entièrement motorisées, ils n'avaient pas de véhicules organiques pour déplacer toute l'infanterie. Ils avaient même un lot de chevaux et de chariots. Chaque régiment ne possédait que suffisamment de véhicules pour déplacer les quartiers généraux du régiment et du bataillon. Les escouades d'infanterie motorisée d'un régiment d'infanterie motorisée sont des escouades d'infanterie classiques de 12 hommes mais transportées par camions ou bus (Laffly S20TL et Lorraine 38L sont réservés aux unités Dragons Portés et Chasseurs Portés). Les troupes de la division étaient déplacées par un GTP "groupement de transport de personnel" pour les mouvements stratégiques, qui lorsqu'il ne transportait pas la division était retiré pour d'autres tâches à proximité de l'endroit où le régiment était stationné. Habituellement, 3 GTP sont affectés à une division d'infanterie motorisée (DIM), un par régiment en gros. Un GTP était composé d'un personnel et de 3 groupes de transport, chaque groupe ayant 4 à 5 sociétés de transport (1 GTP = 2 sociétés de camions et 3 sociétés de bus pour environ 200 camions et 200 bus). Une division en terrain découvert tiendrait un front de 5 à 7 kilomètres de large et environ 5 de profondeur. Le 3e DIM a été mobilisé le 27 août 1939. Le commandant était le général Bertin-Boussus.

Composition du 3e DIM :

• Un siège divisionnaire

• 3 régiments d'infanterie motorisée (chacun avec une compagnie de commandement, une compagnie d'armes et 3 bataillons d'infanterie). Chaque régiment d'infanterie motorisée comprenait un peloton de canons AA (avec 4 canons AA de 20 mm Mle1939 - Oerlikon)
--o 51e RI (Lieutenant-colonel Guy)
--o 67e RI (Lieutenant-colonel Dupret)
--o 91e RI (Lieutenant-colonel Jacques)

• Une (13e) entreprise pionnière divisionnaire – dépendant du 51e RI

• Une (14e) compagnie AT divisionnaire (CDAC = compagnie divisionnaire anti-char, 12 25mm SA34 AT, motorisée) commandée par le Capitaine Seminel – dépendant du 51e RI

• Un centre de formation divisionnaire (CID = centre d'instruction divisionnaire)

• 6e GRDI (Groupe divisionnaire de reconnaissance) (Lieutenant-colonel Dufour)
Ce groupe de reconnaissance divisionnaire comprend divers éléments comme des motocyclistes mais aussi des automitrailleuses et plusieurs chars légers qui sont probablement : 12 Panhard 178 (+ 1 automitrailleuse radio + 2 automitrailleuses de réserve), 12 Citroën-Kégresse P16 et 4 AMR35 ZT3.

• 42e RAD - Un régiment d'artillerie légère (RAD = régiment d'artillerie divisionnaire) (Lieutenant-colonel Morille)
--o 3 groupes d'artillerie (36 canons de 75 mm Mle1897) - motorisés
--o une 10e batterie AT divisionnaire avec 8 canons AT remorqués de 47 mm Mle1937 (BDAC = batterie de défense anti-char) (Capitaine Dufaure)
--o une batterie AA divisionnaire avec 6 canons AA de 25mm tractés par des camions Laffly (BDAA = batterie de défense anti-aérienne) à l'origine batterie 702e du 409e RADCA (Lieutenant Demont)

• 242e RALD - Un régiment d'artillerie lourde (RALD = régiment d'artillerie lourde divisionnaire) (Lieutenant-colonel Thomas) avec 12 obusiers C Mle1917 de 155 mm et 12 obusiers C Mle1934 de 105 mm)

• Parc d'artillerie divisionnaire (PAD) (parc divisionnaire d'artillerie) (Chef d'escadron Carron)
• 3e bataillon de sapeurs-mineurs motorisés (bataillon du génie motorisé)
• Une société de télégraphe
• Une société de radio
• Une société de transport automobile au siège social
• Une entreprise de transport automobile
• Un service de quartier-maître divisionnaire
• Un groupe médical divisionnaire

Dans la nuit du 13 au 14 mai, les Français incitent divers éléments au sud de Sedan à contre-attaquer les Allemands :
• éléments de la 3e DIM (Division d'Infanterie Motorisée) : I/67e RI, 10e et 11e compagnies du 51e RI
• éléments de la 3e DCr (Division Cuirassée) : 1/45e BCC (chars Hotchkiss H39), 3/49e BCC (chars Renault B1bis)
• 2/4e BCC (cuves FCM36)

Les 3e DCr et 3e DIM n'arrivent que le 14 mai vers 16h00 pour les premières troupes (essentiellement des éléments de reconnaissance).

Ils affronteront le 10.PzD (Pz.Rgt. 8), le I/69.IR, le régiment d'infanterie "Grossdeutschland" et le 43. Sturmpionier Bataillon.

La bataille de Stonne a été surnommée par les Allemands la "Verdun de 1940". La ville elle-même a changé de camp 17 fois en 3 jours (15-17 mai). Le Kriegstagebuch (journal) du régiment "Grossdeutschland" indique que "le nom de Stonne est entré dans l'histoire du régiment avec du sang".

Possession de la ville (d'après K.H. Frieser - heure allemande probablement) :

- 15 mai :
8h00 : Allemand
9h00 : Français
9h30 : Allemand
10h30 : Français
10h45 : Allemand
12h00 : Français
17h30 : Allemand

- 16 mai :
7h30 : Français
17h00 : Allemand

- Nuit du 16 au 17 mai : Stonne est resté inoccupé

- 17 mai :
9h00 : Allemand
11h00 : Français
14h30 : Allemand
15h00 : Français
16h30 : Allemand
17h00 : Français
17h45 : allemand

Tôt le matin du 15 mai, le régiment d'infanterie "Grossdeutschland" appuyé par des chars du 10.PzD attaque la ville de Stonne, qui est défendue par le I/67e RI et des éléments du 6e GRDI. La position française est attaquée sur le front et sur les flancs. Les Français sont retirés et 7 AFV allemands sont signalés assommés (par exemple le Panzer IV n°711 est détruit par le canon 25mm AT du Sergent Durand - mais principalement à cause de l'intervention du 3/49e BCC avec ses chars B1bis) . 2 voitures blindées Panhard 178 du 6e GRDI sont également mises hors de combat.

A 5h30, le 1/45e BCC (chars Hotchkiss H39) passe des Grandes-Armoises à Stonne et ils anéantissent plusieurs positions d'infanterie allemande. A 7h30 ils sont à côté de la ville de Stonne mais 2 chars Hotchkiss sont perdus et la compagnie recule.

Le 3/49e BCC (chars Renault B1bis) poursuit l'attaque. Les chars lourds entrent dans la ville et les Allemands doivent évacuer Stonne. A 9h30 les chars français sont déployés à la lisière sud de la ville. Aucune infanterie française n'ayant effectivement suivi les chars lourds, la ville est ensuite à nouveau occupée par les Allemands.

Une nouvelle attaque est lancée à 10h30 avec plusieurs chars du 45e BCC (Hotchkiss H39), 49e BCC (Renault B1bis) et un peloton du 4e BCC (FCM36) appuyé par 1 compagnie d'infanterie du 51e RI. La ville est prise et de nouveau aux mains des Français. Les combats sont intenses et l'infanterie se bat maison par maison. Lors de leur approche, les chars français sont déjà engagés par les canons allemands (canons AT ? canons d'infanterie ? canons AA ? chars ?).

La 14e compagnie antichar du régiment d'infanterie "Grossdeutschland" (Lieutenant Beck-Broichsitter) est engagée plus tard contre les chars français.Ce Lieutenant décrit une situation très confuse (en français dans "Les combats du Mont-Dieu" de Gérard Giuliano) : un char allemand abandonné dans un fossé, des canons allemands cachés sur une colline derrière sa propre position et tirant sur les troupes françaises. Ses hommes se cachent derrière une maison pour éviter un char français qui se déplace de très près etc.
Trois PaK de 3,7 cm sont déployés et engagent 6 chars français. Les pertes parmi l'infanterie et les artilleurs allemands augmentent sous le feu français. Puis les Allemands rapportent avoir engagé une dizaine de chars français sur un large front. Le combat durera environ 1 heure.

Ce qui est sûr, c'est que la situation globale est assez complexe. Il y a beaucoup d'unités différentes impliquées, il ne s'agit pas d'un simple duel entre des PaK de 3,7 cm et des chars français comme cela est souvent décrit.

Les compagnies d'infanterie allemandes doivent reculer progressivement. Le lieutenant Beck-Broichsitter rapporte alors l'aide de canons automoteurs allemands. Cela signifie-t-il le StuG III Ausf.B de la Sturmgeschütz-Batterie 640 ou le Panzerjäger I de la Panzerjäger Abteilung 521 ? Il rapporte également que 4 canons d'infanterie sont déployés en appui (7,5cm leIG ou 15,0cm sIG ?) pour engager les troupes françaises. Les pertes allemandes augmentent néanmoins, malgré ces renforts. Plusieurs canons AT de sa compagnie sont parsemés d'éclats mais continuent de tirer. Jusqu'à présent, ils ne rapportent pas avoir détruit un seul char français.

A ce moment, le peloton AT d'Hindelang serait attaqué par 3 chars Renault B1bis. Le caporal-chef Giesemann cible une zone du côté « droit » d'un des chars et le feu éclate du char. Les deux canons AT restants ciblent alors cette zone sur les chars français. Rapidement, un coup direct détruit l'un des deux canons AT allemands. Hindelang recule alors avec son canon AT restant et les 3 chars lourds sont dits hors de combat. De là, il est généralement dit que l'obturateur d'admission B1bis sur le côté gauche du réservoir est un point faible et que 3 chars Renault B1bis ont été assommés par des canons allemands de 3,7 cm.

Les troupes françaises prennent la ville de Stonne.

D'après la description dans le rapport, le volet d'admission du B1bis est du mauvais côté mais dans le feu de l'action le tireur s'est peut-être trompé. On dit souvent que les PaK de 3,7 cm de la compagnie AT ont détruit 3 chars B1bis. D'après mes recherches, seul 1 des B1bis revendiqués (3) peut éventuellement être crédité aux canons AT du régiment "Grossdeutschland". Et c'était apparemment à très courte distance dans la ville (≤ 100m probablement). Les 2 autres ont été neutralisés par le feu d'un Panzer IV.
Quoi qu'il en soit, il y a eu beaucoup de tirs de canons allemands, ce n'est pas du tout un simple duel comme indiqué précédemment. Concernant l'efficacité du PaK de 3,7 cm, il suffit de lire les rapports allemands de la 3.Panzerbrigade sur la bataille de Hannut. Les KwK de 3,7 cm sont inefficaces contre les chars français Hotchkiss H39 et Somua S35 (blindage de 40 mm) au-delà de 200-300 mètres.

3 escadrons de bombardiers en piqué Ju-87 'Stuka' attaquent Stonne à ce moment. Cette action est suivie d'un bombardement intensif de l'artillerie allemande. A 12h30, les troupes françaises reculent provisoirement sous ce feu intense. Environ 3 heures plus tard, les chars B1bis du 49e BCC occupent à nouveau la ville et la défense est désormais aux mains des éléments d'infanterie du 67e RI. Le char français recule puis la ville n'est défendue que par l'infanterie et les canons AT.

Dans la soirée une forte attaque allemande est lancée : le régiment d'infanterie "Grossdeutschland" est appuyé par toutes les compagnies d'infanterie du 10.PzD et reprend le cœur de la ville. Les troupes françaises du 67e RI tiennent toujours la lisière sud de Stonne.

La présence de Panzer IV du 10.PzD et de Panzerjäger I est confirmée dans la ville et aux alentours par diverses photographies d'épaves allemandes.

Seulement à la fin du 15 mai, le 3e DIM est désormais plutôt complet pour affronter les troupes allemandes.

J'ai trouvé un document du musée de l'artillerie en France sur la bataille de Stonne : "l'artillerie de la 3e DIM du 14 mai au 7 juin 1940 au sud de Sedan dans la bataille de Stonne". Il comprend entre autres un témoignage d'un tankiste allemand du 10.PzD (Karl Koch, PzRgt 8, 7e compagnie - il est dans la tourelle d'un Panzer IV) le 15 mai à Stonne.

5 Panzer IV et 5 Panzer II du 10.PzD se dirigent vers Stonne. Soudain, 3 Panzer IV sont assommés par un canon français de 25 mm AT pris en embuscade. Dans le Panzer IV de Karl Koch, le conducteur est touché mais parvient néanmoins à déplacer un peu plus le char. L'équipage se sauve sauf le chauffeur qui est grièvement blessé et l'opérateur radio qui est sous le choc. En abandonnant son Panzer IV sous le feu de l'infanterie française, Karl Koch voit le canon AT français très proche des 3 épaves allemandes et l'un des 3 Panzer IV brûle. Derrière les 3 chars assommés, les 2 Panzer IV et 5 Panzer II restants attendent.

Ces 5 chars allemands entrent à Stonne alors que le canon AT français s'est déjà déplacé vers un autre emplacement. Les 3 membres d'équipage du Panzer de Karl Koch se dirigent à nouveau vers les Panzer IV mis hors de combat, voulant utiliser l'un d'eux comme casemate. Le chauffeur est évacué et l'opérateur radio est retrouvé mort sur le char d'une balle dans la tête (s'est-il suicidé ou a-t-il été abattu par un tireur d'élite français en tentant d'évacuer ?).

Les 5 Panzer II se retirent rapidement de Stonne, signalant une attaque de chars français. [Le 16 mai, Karl Koch apprendra que les 2 Panzer IV restants de son peloton ont finalement été détruits dans la ville.]

Karl Koch et ses camarades attendent en ce moment que les chars français sortent de la ville. Un premier char français est mis KO après 2 tirs (à 600m pour le premier). 10 minutes plus tard un deuxième char arrive à côté du premier et encore plus tard un troisième. Tous sont neutralisés (immobilisés, détruits) par le Panzer IV immobilisé. Ces chars sont très probablement des chars Hotchkiss H39 du 45e BCC mais du côté français seuls 2 chars Hotchkiss sont signalés détruits (peut-être l'un d'entre eux a pu être récupéré plus tard puisque la ville a été occupée par les troupes françaises après cette attaque - ou l'un de ces chars est peut-être un FCM36). L'infanterie française apparaît (probablement des hommes d'une compagnie d'infanterie du 51e RI) mais ces éléments sont retirés par les chars allemands. Les ravitailleurs allemands récupèrent les munitions des autres Panzer IV restants.

Après un long moment arrive un 4ème char français, et est décrit comme un "monstre". Il s'agit très probablement d'un char Renault B1bis et semble être une surprise pour les tankistes allemands. Ils disent avoir tiré une vingtaine de fois sur ce char avec leur KwK de 7,5cm sans effet. Enfin des tirs supplémentaires permettent de détruire l'une des chenilles de ce char français. Plus tard arrive un 5ème char français, également un char B1bis. Il tire avec toutes ses armes mais n'a apparemment pas repéré le char allemand (ou l'a pris comme une épave comme les 2 autres). Le char français est aussi probablement sous le feu d'autres unités allemandes et tire contre d'autres cibles. Encore une fois tous les tirs allemands sont sans effet jusqu'à ce que le canon du canon de la tourelle de 47 mm soit touché et que le char français soit endommagé en tirant avec lui. Ce char français est abandonné par son équipage.

On sait que 3 Renault B1bis ont été perdus le 15 mai : B1bis "Chinon", "Gaillac" et "Hautvillers" du 49e BCC.

Ainsi, au moins 2 chars Renault B1bis et 2-3 chars légers ont été détruits ou immobilisés par le Panzer IV de Karl Koch. Cela signifie que ces 2 chars B1bis n'ont pas du tout été détruits par des canons AT de 3,7 cm selon ce témoignage ou du moins pas par un PaK de 3,7 cm seul. Les chars français étaient probablement sous le feu de divers canons et chars allemands.

Le 3e Renault B1bis est finalement à mettre au crédit de la 14e compagnie AT du régiment d'infanterie "Grossdeutschland" (Lieutenant Beck-Broichsitter) [le fameux témoignage de volet d'admission] mais probablement pas les 3 Renault B1bis comme ils le prétendent.

Pendant la même période, au moins 5 Panzer IV, 12 véhicules divers et 6 canons AT ont été détruits. Les Allemands revendiquent la destruction de 33 chars français ce jour-là mais le nombre réel d'AFV français mis hors de combat est de 10 à 11 chars, dont 3 Renault B1bis.

Le B1bis "Gaillac" comme on le voit sur les photos a une chenille détruite et serait finalement le premier char B1bis mis KO par Karl Koch.
Le B1bis "Hauvillers" est aussi celui qui aurait été mis KO par Karl Koch sur le site d'Antoine Misner. C'est celui qui a été touché sur son canon de tourelle.
Le B1bis "Chinon" serait alors peut-être le Renault B1bis assommé de très près par un PaK de 3,7 cm ?

Renault B1bis "Gaillac"
• Commandant : adjudant-chef Jean Simon
• Pilote : Sergent Jean Mathis
• Opérateur radio : Caporal Pierre Mairot
• Assistant conducteur : Caporal Marie Schnoebelen
Une piste est détruite et tous les membres de l'équipage sont KIA.

Renault B1bis "Chinon"
• Commandant : Sous-lieutenant Yves Rohou
• Chauffeur : Sergent-chef André Ducasse
• Opérateur radio : Caporal-chef Maxime Quevy
• Pilote et assistant du commandant : Chasseurs Roger Mauger et Henri Vanderbercq
Tous les membres d'équipage sont abattus alors qu'ils sautent en l'air.

Renault B1bis "Hautvillers"
• Commandant : Sous-lieutenant Jacques Klein
• Chauffeur : Caporal-chef Emile Chanel
• Opérateur radio: ?
• Assistant conducteur : ?
La tourelle est bloquée, le canon de 47mm SA35 est endommagé, la chenille gauche est coupée et le blindage est légèrement endommagé (écaillage ?) avec des éclats blessant légèrement le conducteur. Le réservoir commence à brûler après et un incendie électrique conduit plus tard à une explosion interne.

Le 16 mai verra l'implication de 2 entreprises du 41e BCC soutenant l'action du III/51e RI. L'attaque est précédée d'une préparation d'artillerie de 45 minutes organisée par le 242e RALD. Les combats seront très intenses. Le régiment d'infanterie "Grossdeutschland" et le 10.PzD sont alors remplacés par les 16.ID, 24.ID et 26.ID. Le 16 mai, à 01h30, le 41e BCC reçoit l'ordre d'attaquer Stonne avec ses 1re et 3e compagnies.

Le 41e BCC est créé le 16 novembre 1939 avec des troupes du parc de chars n°511 et des chars Renault B1bis. Le bataillon sera intégré au 3e DCr, la dernière division blindée française formée avant le début des combats, le 20 mars 1940. Le bataillon lui-même aura 6 mois d'entraînement intense grâce à un bon noyau d'officiers d'active/de paix et sous-officiers. L'entraînement au niveau compagnie et bataillon est alors plutôt bon mais l'unité n'avait qu'un entraînement à l'échelle divisionnaire le 9 mai 1940.

Officiers principaux :
• Commandant : Commandant Malaguti
• Commandant d'état-major : Capitaine Cornet
• Officier de renseignement : Lieutenant De Witasse
• Officier des transmissions : Lieutenant Sery
• 1ère compagnie de chars : Capitaine Billotte
• 2e compagnie de chars : Capitaine Gasc
• 3ème compagnie de chars : Capitaine Delepierre
• Compagnie de réserve : Capitaine Simo

Lors des combats de mai/juin 1940 tous les chars seront perdus et le bataillon comptera 43 KIA (8 officiers, 14 sous-officiers, 21 caporaux et hommes).

Le bataillon sera engagé sans interruption. Les principaux engagements sont :
• dans le quartier Mont-Dieu / Stonne (15 km au sud de Sedan) en mai
• autour de Perthes et Rethel (au sud de l'Aisne) en contre-attaque contre le 1.PzD courant juin
• de nombreuses missions de sacrifice de moindre envergure (défense d'un pont à Pogny-sur-Marne…)
Le dernier char du bataillon est perdu le 15 juin 1940.

Le bataillon a reçu 8 médailles de la Légion d'honneur, 22 médailles militaires et mentionné dans les dépêches à plusieurs reprises (64 fois par le régiment, 34 fois par la brigade, 43 fois par les divisions, 13 fois par l'armée et 29 fois par l'armée Corps).

A 3h00, le 1/41e BCC et le 3/41e BCC se dirigent vers la ligne de départ dans le bois de Fay. Les chars Renault B1bis ouvriront la voie au III/51e RI du 3e DIM. L'infanterie sera directement appuyée par des chars Hotchkiss H39 du 2/45e BCC.

Les troupes n'ont pas pu effectuer une reconnaissance de la zone avant l'attaque et les renseignements sur l'ennemi sont très limités. Le 41e BCC ne sait pas si la ville est actuellement aux mains des Français ou des Allemands lorsqu'il commence à bouger.

Les chars B1bis avanceront en V inversé. Le B1bis "Vienne" du commandant Malaguti mène l'attaque.

A sa gauche le 1/41e BCC commandé par le Capitaine Billotte avec 7 chars :
• B1bis "Eure" (Capitaine Billotte)
• B1bis "Lot" (Lieutenant Delalande)
• B1bis "Vauquois" (Lieutenant Bourgeois)
• B1bis "Volnay" (Lieutenant Pignot)
• B1bis "Tarn" (Lieutenant Rabin)
• B1bis " Beaune " (Lieutenant Adelmans)
• B1bis "Sambre" (Lieutenant Bramant)

A sa droite le 3/41e BCC commandé par le Capitaine Delepierre avec 7 chars :
• B1bis "Somme" (Capitaine Delepierre)
• B1bis "Doubs" (Lieutenant Bricart)
• B1bis "Meursault" (Sous-Lieutenant Guyhur)
• B1bis "Trépail" (Lieutenant Dive)
• B1bis "Muscadet" (Sous-Lieutenant Soret)
• B1bis "Moselle" (Aspirant Léonard)
• B1bis "Vertus" (Lieutenant Hachet)

A 4h30 le Ve groupe du 242e RATTT (12 obusiers de 105 mm C) effectue une préparation d'artillerie de 45 minutes sur Stonne, la colline du "Pain de Sucre" (la colline dominante à l'est de Stonne) et les lisières sud du bois de la Grande Côte.

A 5h15, le 1/41e BCC rencontre les premiers éléments allemands. Ces troupes sont issues du régiment d'infanterie "Grossdeutschland", appuyées par 2 chars et une défense AT organisée en profondeur. Les 2 chars allemands sont rapidement détruits. Le commandant Malaguti lui-même a dit à propos des Allemands de ce régiment d'élite : « de beaux guerriers, ils nous ont tiré dessus jusqu'à ce que nous soyons à 100m d'eux.

Le 3/41e BCC atteint son premier objectif au bout de 12 minutes et détruit le château d'eau de Stonne sur lequel les Allemands avaient déployé des MG. La compagnie de chars française s'arrête et tire sur les bords de Stonne pour neutraliser les mitrailleuses et les canons AT.

Le 1/41e BCC déborde Stonne par le nord-ouest mais le capitaine Billotte est entravé par plusieurs falaises et versants importants. Il doit se déplacer vers la droite, arrivant à Stonne même (par le nord-ouest) avant le chef de bataillon. Le B1bis "Eure" arrive nez à nez avec 13 chars allemands du Pz.Rgt.8 (10.PzD) en colonne dans la rue principale de la ville. Le premier réservoir n'est qu'à 30m. Billotte ordonne au conducteur (sergent Durupt) de viser le dernier char avec le canon de caisse de 75 mm SA35 tandis qu'il détruit le premier char avec le canon de tourelle de 47 mm SA35. Les premiers tirs détruisirent simultanément le premier et le dernier char allemand de la colonne, les autres pouvaient à peine bouger. En quelques minutes, le B1bis "Eure" avance dans la rue et neutralise les 11 chars restants tandis que de nombreux obus frappent le blindage du B1bis sans le pénétrer. 2 Panzer IV et 11 Panzer III sont signalés comme étant détruits (Il n'est cependant pas sûr à 100% que parmi eux il n'y ait pas eu plusieurs épaves de la veille). Billotte traverse toute la ville et détruit également deux canons AT de 3,7 cm à côté du "Pain de Sucre". Le blindage du B1bis s'est révélé par la suite parsemé de 140 impacts et entailles, aucun des projectiles n'a pénétré le blindage selon le journal de guerre du 41e BCC. On peut voir ici une sorte de petit "Villers Bocage" inversé.

Malaguti entre dans la rue principale (par le sud-ouest) quelques minutes après Billotte et tire également sur toutes les cibles possibles qu'il a pu repérer mais aucun des chars allemands alignés dans la rue ne réagit. Malaguti se dirige vers le sud dans deux autres rues et sort finalement de la ville par le sud. Il repère 2 épaves de B1bis ("Hautvillers" et "Gaillac" probablement) du 49e BCC (attaque du 15 mai) et rejoint la 10e compagnie du 51e RI.

Billotte contacte alors le commandant du bataillon (Malaguti) par radio pour lui signaler que les bois au nord de Stonne sont pleins de mitrailleuses et de canons AT qui lui tirent dessus. Il retourne à Stonne.

Delepierre, le commandant du 3/41e BCC contacte Malaguti par radio pour savoir s'il peut poursuivre sa progression mais il lui est ordonné d'attendre l'artillerie française. 10 minutes plus tard, l'artillerie française allonge son tir et le 3/41e BCC se dirige vers son objectif suivant. La compagnie arrive dans un terrain très accidenté avec de nombreux ravins et falaises cachés par une végétation dense. Les dangers sont cachés et le contact visuel entre les chars est rendu difficile. Le B1bis "Somme" est isolé et attaqué à 100m par deux canons AT de 3,7cm. En 2 minutes l'armure est dispersée par une dizaine d'impacts. Aucun d'eux n'a pénétré le blindage mais la tourelle est bloquée et l'optique de la copule d'observation est détruite. Un canon AT allemand est détruit par un obus HE et le B1bis continue. En raison d'un ravin caché, le B1bis se renverse et se trouve sur le flanc. Le char est abandonné, incendié par l'équipage. Les hommes parviennent à regagner les lignes françaises.

Le 16 mai, les chars B1bis suivants impliqués dans l'attaque française ont été perdus pendant ou seront abandonnés un peu après l'attaque :
• B1bis "Somme" : immobilisé sur le flanc et sabordé par l'équipage
• B1bis "Vertus": MIA (un seul char perdu peut-être à cause du feu ennemi)
• B1bis "Meursault" : d'abord immobilisé dans un ravin et contre un gros arbre. Il est tracté par les B1bis "Moselle" et B1bis "Trépail". Le char sera par la suite sabordé au sud des Grandes Armoises en raison d'une panne mécanique importante
• B1bis "Trépail" : le char subit une panne mécanique moteur et sera sabordé plus tard

A 5h30, le III/51e RI (10e et 11e compagnies), appuyé par le 2/45e BCC (chars Hotchkiss H39), commence à se diriger vers Stonne. Ils rencontrent des troupes allemandes qui ont rejoint leurs foxholes après le passage des chars lourds français. Vers 7h00, l'infanterie française contrôle la ville de Stonne.

A 10h00 et pendant plus d'une demi-heure la ville est à nouveau fortement bombardée par les bombardiers en piqué allemands. Ils sont suivis jusqu'à 12h00 par de lourds bombardements d'artillerie allemande. A 15h00 les chars français (41e BCC et 45e BCC) reçoivent l'ordre de reculer pour être utilisés dans d'autres zones que la ville de Stonne elle-même. En fin d'après-midi, l'infanterie française se déplace sur les abords de la ville à cause des lourds bombardements allemands. Au nord-ouest de Stonne, dans les bois les assauts allemands ont tous été vaincus par le 67e RI. Des renforts arrivent dans la zone du Mont Damion, à l'est de Stonne, avec le III/5e RICMS du 6e DIC.

Le 16 mai, vers 17h00, le Renault B1bis "Ricquewihr" (commandé par le Lieutenant Doumecq ou Domercq ? Apparemment le deuxième nom est le bon mais le premier se retrouve dans plusieurs ouvrages) du 49e BCC attaque en direction de Stonne et rencontre un Allemand colonne d'infanterie, qui tire sur le char avec des armes d'infanterie, y compris des fusils antichars, sans effet. Le B1bis écrase les troupes allemandes et pousse dans la ville défendue par le Schützen-Regiment 64.Lorsque les soldats allemands virent les traces sanglantes du char, ils s'enfuirent paniqués et abandonnèrent Stonne qui resta inoccupé pour la nuit. Après cette action Domercq a été surnommé « le boucher de Stonne » par ses camarades. Il sera fortement impliqué dans les combats de Tannay les 23 et 24 mai. Le B1bis "Ricquewihr" sera le dernier char du 3e DCr, abandonné le 18 juin, à Sombernon au nord-est de Dijon, les armes ayant été préalablement sabordées par l'équipage.

Fin 1942, Domercq (ancien commandant du char et habitant Paris) est dans un pub de l'avenue Poincaré où un pétrolier allemand montre plusieurs photos à ses amis. Domercq reconnaît son ancien char, le "Ricquewihr". L'Allemand explique qu'il est désormais le commandant de ce char, qu'il a tiré avec et que c'était un bon char. Il rejoindra le char et le reste de l'équipage sur le front russe. Le pétrolier allemand a remis la photo suivante de son ancien char à Domercq (renseignements de Roger Avignon).

Le Renault B1bis "Ricquewihr" et son équipage d'origine :
• Commandant : Sous-lieutenant Stoltz
• Pilote : Sergent Ducassou
• Opérateur radio : Voisin
• Assistant chauffeur : Caporal Cossec

Stonne a vu des combats très durs et certains officiers allemands ont mentionné Stonne à côté de Stalingrad et Monte Cassino parmi les batailles qu'ils n'oublieront jamais.

En deux jours (15-16 mai), le régiment "Grossdeutschland" perdra à lui seul 103 KIA, 442 WIA et 25 MIA (570 hommes). Pour toute la campagne, le régiment "Grossdeutschland" avait 278 KIA et 830 WIA (1 108 pertes). Ainsi le régiment subit 51 % de ses pertes de mai-juin 1940 en seulement 2 jours à Stonne. Ensuite, bien sûr, il faudrait compter toutes les pertes d'équipement. Je ne peux que donner des détails pour la 14e compagnie AT du régiment d'infanterie "Grossdeutschland" : 13 KIA, 65 WIA, 12 véhicules détruits et 6 canons AT détruits (50% des canons AT de la compagnie).

Les 15 et 16 mai, le 10.PzD perdra définitivement environ 25 chars et les Français perdront plusieurs 33 chars. Ces épaves resteront sur le champ de bataille. Ce que l'on peut dire aussi de sources allemandes en ce que plus tard, le 5 juin, avant la bataille au sud d'Amiens, le 10.PzD est réduit à 180 chars [85 chars "manquants"].

D'autres exemples de pertes connues peuvent être donnés pour les étapes ultérieures de la bataille dans la région du Mont Dieu. Du 23 au 24 mai, la 24.ID allemande a subi 1 490 pertes (347 KIA, 1 086 WIA et 57 MIA) dans la région de Tannay [flanc gauche français]. Du 17 au 25 mai, le I/79.IR a subi 191 pertes (41 KIA, 144 WIA et 6 MIA) dans la zone du Mont Damion.

Entre le 15 et le 25 mai, l'infanterie française perdit également de nombreux hommes. Par exemple le I/67e RI avait 362 KIA et une compagnie du 51e RI a terminé la bataille avec seulement 5 sergents et 30 soldats !


Sources:
• "Blitzkrieg à l'Ouest, Mai-Juin 40" (Jean-Paul Pallud)
• "Fallait-il sauver le char Bayard ?" (René Boly)
• "L'Arme Blindée Française (tome 1) : Mai-juin 1940 ! Les blindés français dans la tourmente" (Gérard Saint-Martin)
• "l'artillerie de la 3e DIM du 14 mai au 7 juin 1940 au sud de Sedan dans la bataille de Stonne" (Musée de l'Artillerie)
• "Le mythe de la guerre-éclair – la campagne de l'Ouest de 1940" (Karl-Heinz Frieser)
• "Les combats du Mont-Dieu – Mai 1940" (Gérard Giuliano)
• Témoignages de divers vétérans dont plusieurs du 41e BCC qui ont été utilisés dans le livre de René Boly.
• Journal de guerre du 41e BCC


Le 15 avril a été une journée assez terrible dans l'histoire, puis sont venus DaVinci, Ray Kroc et Jackie Robinson

Nous sommes le 15 avril, et bien que ce ne soit pas le jour d'infamie dont le président Franklin Roosevelt a parlé, c'est une date qui a vu de grandes tragédies.

La date est l'anniversaire de la plus célèbre catastrophe maritime, la mort d'un président et les funérailles d'un autre, une inondation historique et l'étincelle d'un soulèvement en Chine.

Nous pourrions mentionner Tax Day, mais qui a besoin de ce downer.

Mais la date a également vu les triomphes de l'esprit humain, la naissance de l'un des plus grands inventeurs de l'histoire et le début d'un empire du hamburger.

Voici quelques-unes des choses qui se sont produites ce jour-là dans l'histoire :

  • Le président Abraham Lincoln est décédé à 7 h 22 le 15 avril 1865, environ neuf heures après avoir reçu une balle dans la tête alors que lui et sa femme, Mary, assistaient à une représentation de la pièce « Our American Cousin » au Ford's Theatre à Washington, DC Lincoln a été le premier président américain à être assassiné.
  • À 2 h 20 le 15 avril 1912, le Titanic a coulé au fond de l'Atlantique Nord alors que les membres de l'orchestre du navire jouaient " Plus près de toi, mon Dieu ". Il n'y avait pas assez de canots de sauvetage sur le navire alors qu'il entreprenait son voyage inaugural quelques jours auparavant, et 1 514 personnes ont perdu la vie lorsque le navire a heurté un iceberg et a coulé.
  • Après des mois de fortes pluies dans la vallée du Mississippi, 15 pouces de pluie sont tombés en 18 heures le 15 avril 1927, provoquant l'inondation du fleuve Mississippi sur plus de 27 000 miles carrés dans 10 États. "Louisiana 1927" du chanteur Randy Newman a été écrit à propos de cette inondation.
  • Le président Franklin D. Roosevelt a été enterré sur le terrain de sa maison à Hyde Park le 15 avril 1945. Il est décédé d'une hémorragie cérébrale – un accident vasculaire cérébral – le 12 avril 1945, à Warm Springs, en Géorgie.
  • Un météore a explosé au-dessus de l'Indonésie à 11 h 20 le 15 avril 1988. L'explosion, qui, selon des témoins, a créé un éclair de lumière équivalent à l'éclat du soleil, a été calculée comme étant égale à 5 000 tonnes d'explosifs puissants.
  • Les étudiants de Pékin ont lancé une série de manifestations en faveur de la démocratie le 15 avril 1989. Ces manifestations se sont terminées lorsque le gouvernement chinois a affronté les étudiants sur la place Tiananmen. Une photo d'un étudiant debout devant un char sur la place serait vue dans le monde entier.

1989 Un petit groupe d'étudiants initie une manifestation en faveur de la démocratie sur la place Tiananmen à Pékin
La mort du réformateur Hu Yaobang a déclenché les manifestations, qui ont pris de l'ampleur et ont été brutalement dispersées lors du massacre de la place Tiananmen le 4 juin. #JOURNI pic.twitter.com/BcT2TWErEx

&mdash MomIGotAnA.com (@Sara_On_Academy) 15 avril 2019
  • Le 15 avril 2013, des bombes enfermées dans des autocuiseurs explosaient à la ligne d'arrivée du marathon de Boston, tuant trois personnes, dont un enfant de 8 ans, et en blessant 260 autres. L'un des deux frères qui ont planifié et exécuté l'attaque a été tué plus tard lors d'une fusillade avec la police. L'autre frère a été capturé, jugé, reconnu coupable et condamné à mort.
  • Au petit matin du 15 avril 2014, plus de 200 écolières nigérianes ont été enlevées par le groupe terroriste Boko Haram.

De peur que vous passiez la journée avec un nuage au-dessus de votre tête, rappelez-vous que de bonnes choses se sont également produites le 15 avril. Voici quelques-uns:


À l'été 1940, Adolf Hitler aurait pu gagner la Seconde Guerre mondiale. Il s'en est approché. S'il avait gagné, nous vivrions dans un monde si différent qu'il serait difficilement imaginable. Contemplons donc cet été dangereux. C'est alors que la forme du monde dans lequel nous vivons maintenant a commencé à prendre forme.

Il y avait une qualité curieuse et abstraite à la Seconde Guerre mondiale quand elle a commencé. Le premier jour de septembre 1939, les armées d'Hitler envahissent la Pologne. En 1914, les Allemands étaient partis en guerre sans savoir ce que feraient les Britanniques. En 1939, les Britanniques avaient donné à la Pologne une garantie pour dissuader Hitler, pour indiquer clairement qu'une attaque allemande contre la Pologne signifierait une déclaration de guerre britannique (et française) contre l'Allemagne. Jusqu'à la dernière minute, Hitler espérait que les Britanniques ne pensaient pas ce qu'ils disaient. D'une certaine manière, il avait raison. Les gouvernements britannique et français tinrent parole et déclarèrent la guerre près de trois jours après que les armées allemandes eurent pénétré en Pologne. Pourtant, les armées britannique et française n'ont pratiquement rien fait.

Peu de temps après, l'expression « Phony War », inventée par des journalistes américains, est entrée dans la langue. La Pologne était envahie : mais dans cette guerre, c'était vraiment tout le calme sur le front occidental. Les troupes françaises et britanniques passèrent l'hiver glacial qui suivit sans bouger, les Français scrutant occasionnellement la frontière boisée allemande depuis les casemates en béton de la ligne Maginot. Si ce n'était pas une guerre bidon, c'était une guerre réticente.

Il y avait aussi une qualité curieuse et abstraite dans l'humeur du peuple américain. Lorsque la Première Guerre mondiale a éclaté en Europe, pas un Américain sur dix mille ne pensait que son pays s'y impliquerait un jour. En 1914, le peuple américain et son président, Woodrow Wilson, tiraient une sorte de fierté naïve de leur neutralité. Lorsque, le 3 septembre 1939, Franklin Roosevelt s'adressa au peuple américain, il déclara que les États-Unis resteraient neutres : mais Roosevelt ajouta alors qu'il ne pouvait pas « demander que chaque Américain reste également neutre en pensée ». La plupart des Américains ne l'étaient pas. Ils abhorraient Hitler, mais ils n'avaient aucune envie de s'engager aux côtés de la Grande-Bretagne, de la France ou de la Pologne. Ils suivaient le conflit sur leurs radios : c'était passionnant d'entendre les voix de correspondants célèbres crépiter dans l'éther transatlantique depuis les capitales obscurcies d'une Europe en guerre. Beaucoup d'Américains ont ressenti avec inquiétude, plutôt qu'ils ne l'ont dit, que tôt ou tard leur pays serait impliqué dans la guerre. Ils ne l'attendaient pas avec impatience.

De plus, la drôle de guerre est devenue de plus en plus curieuse. Cela avait commencé entre l'Allemagne et la Pologne et la Grande-Bretagne et la France, mais trois mois plus tard, le seul combat qui se déroulait se déroulait dans les forêts enneigées de Finlande, une guerre hivernale entre la Finlande et la Russie. Des sympathies américaines pour la Finlande se sont manifestées. Le gouvernement britannique l'a remarqué. Il caressait l'idée de venir en aide à la Finlande, pour de nombreuses raisons, notamment dans le but d'impressionner l'opinion américaine. Mais la guerre d'hiver a pris fin. Churchill souhaite maintenant ouvrir un front lointain contre l'Allemagne, en Norvège. Hitler l'a devancé. Par une matinée glaciale et crue début avril, ses troupes ont envahi le Danemark et la Norvège. Ils ont conquis le Danemark en quelques heures et la Norvège en quelques semaines.

Le triomphe d'Hitler en Norvège - qu'il a conquis presque sans être dérangé par la marine britannique et en grande partie sans être contrarié par les malheureuses troupes alliées débarquées puis retirées à nouveau - a eu un effet inattendu. La grande silhouette corpulente de son ennemi juré était apparue – une figure d'homme à l'ancienne, dont l'apparence même s'élevait comme un monument spectral hors de la brume historique. En tant que membre du gouvernement Chamberlain, Winston Churchill avait été responsable d'une grande partie du fiasco norvégien. Pourtant, les représentants du peuple britannique en avaient assez de la guerre réticente de Chamberlain. Ils ont aidé Winston Churchill à monter en selle au poste de Premier ministre – par coïncidence, le jour même où l'attaque allemande en Europe occidentale avait commencé.

Ce fut la première de plusieurs grandes coïncidences cet été-là : le genre de coïncidences que les gens sevrés de logique scientifique n'aiment pas et que d'autres, avec une touche de poésie dans l'âme, aiment. Ou comme le dit le grand proverbe portugais : Dieu écrit droit avec des lignes tordues. Mais, comme cela arrive souvent dans ce monde, nous n'en voyons le sens qu'en rétrospective. À l'époque, il n'y avait aucune garantie que Churchill durerait. Il aurait pu disparaître au bout de quelques semaines : un brave orateur à l'ancienne, dépassé par la marée montante du XXe siècle, emporté par la vague du futur. Quand son cheval est abattu sous lui, le meilleur cavalier doit tomber.

Le 10 mai, à l'aube — c'était un beau matin radieux, sans nuages ​​à travers l'Europe de la mer d'Irlande à la Baltique — Hitler lança ses armées en avant. Ils étaient les porteurs ailés d'un drame étonnant. La Hollande est tombée en cinq jours la Belgique en dix-huit. Deux jours après le début de la poussée allemande, le front français était brisé. Encore huit jours, et les Allemands atteignirent la Manche. Calais et Boulogne tombent. Dunkerque n'a tenu qu'une dizaine de jours. La plupart des membres du corps expéditionnaire britannique ont échappé de justesse à tout leur équipement qui a été perdu. Cinq semaines après leur départ vers l'ouest, les régiments allemands descendaient les Champs Elysées. Trois jours de plus, et un nouveau gouvernement français a demandé la reddition.

Voilà un drame de quarante jours sans égal dans l'histoire de la guerre depuis des siècles, même par les brillantes victoires de Napoléon. Hitler lui-même a participé à la conception de la plus étonnante des campagnes réussies. Il a également participé à la conception d'un armistice que les Français seraient enclins à accepter.

Il espérait que les États-Unis resteraient en dehors de la guerre. Son ministre de la propagande, Joseph Goebbels, a ordonné la réduction des articles anti-américains dans la presse et la radio allemandes. Lorsque l'armée allemande pénétra dans un Paris désert, ses commandants firent une visite de courtoisie à l'ambassadeur américain, qui, seul parmi les envoyés des grandes puissances, choisit de rester dans la capitale au lieu de suivre le gouvernement français déchiré lors de sa triste fuite vers le sud. L'hôtel Grillon, quartier général du commandement militaire allemand, se trouvait en face de l'ambassade américaine. Le général allemand en charge a reçu les attachés militaires et navals américains à dix heures du matin. Il leur offrit des verres de ce qu'il décrivit comme « le meilleur brandy du Grillon ». Son état-major s'adressa à l'ambassadeur américain avec des politesses calculées et conscientes, auxquelles William C. Bullitt répondit avec tout le tact et la réserve d'un grand émissaire au cachet classique. Deux mois plus tard, Bullitt était de retour de France dans sa ville natale de Philadelphie, où, devant l'Independence Hall, il prononça un discours émouvant, appelant le peuple américain à se rallier du côté britannique contre Hitler. Son discours n'a pas eu beaucoup d'écho populaire.

Hitler espérait que les Britanniques réfléchiraient à deux fois avant de poursuivre la guerre. Leurs chances, a-t-il dit, étaient sans espoir et il a répété qu'il n'avait aucune querelle avec l'existence de l'Empire britannique. Il espérait que les Britanniques feraient une sorte de paix avec lui.

Ils ne l'ont pas fait. Leur sauveur Churchill s'était levé et derrière Churchill – lentement, prudemment, mais délibérément – ​​se dressait l'ombre massive de Franklin Roosevelt. À l'été 1940 — encore un an et demi avant Pearl Harbor et sa déclaration de guerre contre les États-Unis — Hitler savait déjà que son principal ennemi était Roosevelt, qu'il en était venu à haïr avec une fureur encore plus grande que sa haine pour Churchill. (et, bien sûr, pour Staline, qu'il admira à bien des égards jusqu'à la fin).

Roosevelt et Churchill se connaissaient. Plus que cela, ils avaient, depuis un certain temps, mis leurs espoirs l'un dans l'autre. Pendant quelque temps, Franklin Roosevelt — secrètement, en privé, par l'intermédiaire de certains de ses envoyés, amis personnels en qui il avait confiance — avait encouragé ces hommes à Londres et à Paris qui étaient convaincus qu'il fallait combattre Hitler. Le plus important d'entre eux était Winston Churchill. À son tour, Churchill savait ce que Roosevelt pensait d'Hitler et il savait que la Grande-Bretagne avait besoin du soutien des États-Unis géants. Les deux hommes avaient commencé à correspondre, en secret. Le jour où les blindés allemands sont apparus sur les falaises en face de Douvres, un citoyen américain, employé de l'ambassade américaine à Londres, a été arrêté par les détectives de Scotland Yard. Ce jeune homme, Tyler Kent, était un isolationniste convaincu et engagé. Il était au courant de cette correspondance secrète et avait tenté d'informer les sympathisants pro-allemands à Londres.

À cette époque, et pendant quelques semaines dangereuses par la suite, la position de Winston Churchill n'était pas encore fixée en force. Il avait, après tout, une réputation mitigée : oui, un grand patriote, mais un passionné des causes perdues. Il avait été chassé du pouvoir pendant la Première Guerre mondiale en raison de son plaidoyer en faveur de l'échec de la campagne des Dardanelles. Il y avait beaucoup de gens au sein de son propre parti conservateur qui se méfiaient de lui. Lorsque, au cours des huit premières semaines de son mandat de premier ministre, il est entré à la Chambre des communes, ils se sont assis sur leurs mains. Le roi George VI lui-même n'avait pas été tout à fait heureux de lui passer les rênes en ce 10 mai. John Colville, plus tard secrétaire privé fidèle et admiratif de Churchill, rapporta dans son journal ce jour-là que « ce coup d'État soudain de Winston et de sa racaille était un désastre grave et inutile. … Ils s'étaient faiblement rendus à un métis américain dont le principal soutien était celui de gens inefficaces mais bavards du même type. …”

Le premier jour sombre de l'évacuation de Dunkerque, il y a eu une quasi-rupture entre Churchill et le ministre des Affaires étrangères, Lord Halifax. Halifax voulait au moins envisager la possibilité d'une sorte de négociation avec Hitler et Mussolini. Churchill a dit non. « Pour le moment, notre prestige en Europe était très bas. La seule façon de le récupérer était de montrer au monde que l'Allemagne ne nous avait pas battus. Si, après deux ou trois mois, nous pouvions montrer que nous étions toujours invaincus, notre prestige reviendrait. Même si nous étions battus, nous ne serions pas plus mal lotis que si nous devions maintenant abandonner la lutte. Evitons donc de nous laisser entraîner sur la pente glissante. … » Mais lui-même n'était pas si loin du bord d'une pente glissante. Tout cela semble étrange et irréel maintenant. Mais c'est la tâche de l'historien de voir non seulement ce qui s'est passé, mais aussi ce qui aurait pu se produire. À la fin du mois de mai et durant tout le mois de juin 1940, le maintien de la position courageuse et du leadership de Churchill était toujours problématique. Ses grandes phrases dans ses grands discours publics n'étaient pas tombées dans le vide : mais leur sens n'avait pas encore mûri.

Au cours de ce début d'été magnifique et meurtrier de 1940, Franklin Roosevelt, lui aussi, a dû faire face à un problème difficile. C'était l'esprit divisé du peuple américain. Nous avons beaucoup entendu ces derniers temps - à cause des penchants nostalgiques dus au traumatisme d'une nation divisée pendant la guerre du Vietnam - que la Seconde Guerre mondiale avait été une bonne guerre, lorsque cette nation géante était unie dans son objectif et dans son concept. Même après Pearl Harbor, ce n'était pas tout à fait vrai. Pendant l'été 1940, ce n'était pas vrai du tout. Il y avait une petite minorité d'Américains qui étaient convaincus que les États-Unis devraient encourager et aider les nations en guerre contre Hitler à presque n'importe quel prix. Il y avait une autre minorité, plus importante, d'isolationnistes qui voulaient que les États-Unis se tiennent à l'écart de cette guerre, à tout prix. Et il y avait une grande majorité qui n'aimait pas Hitler, et qui méprisait les Japonais, mais leurs esprits étaient divisés : oui, les États-Unis devraient s'opposer aux ennemis de la démocratie non, la démocratie des États-Unis ne devrait pas s'engager dans une guerre étrangère. Il y avait des gens qui comprenaient que ces sentiments étaient contradictoires. D'autres non. Pourtant, d'autres Américains ont commencé à changer d'avis, lentement, progressivement, parfois de manière imperceptible. Mais pas avant le dangereux été 1940.

Il y avait une étrange irréalité dans la scène américaine au début de l'été.Les quelques personnes d'Europe et de Grande-Bretagne qui ont débarqué à New York pendant ces jours éblouissants de mai et juin se sont retrouvées dans un tout autre monde - dans les halls étincelants des grands hôtels de New York, parmi le flot scintillant d'automobiles et de taxis, devant les vitres rougeoyantes. vitrines des grands magasins incroyablement riches, autour desquels affluaient les masses d'un peuple américain confiant, prospère et en grande partie tranquille. C'était comme si la vitesse étonnante des événements en cours en Europe occidentale était trop rapide à saisir. Ce n'est qu'à la chute de la France que le nouveau spectre saisissant d'une Europe allemande s'est formé. La presse, par exemple, y compris les journaux internationalistes de la côte Est, n'avait pas vraiment préparé les gens à cela. Jusqu'à la chute de Paris, ses reporters donnèrent un crédit indu à la résistance des armées française et britannique : car le vœu est le père de la pensée, dans la presse comme ailleurs.

Il y avait un autre problème. Une difficulté était survenue entre Churchill et Roosevelt. Dans leur correspondance confidentielle, Churchill avait l'habitude de signer lui-même « Ancien Naval Person ». Pourtant, curieusement, des deux, Roosevelt était plus une personne de la marine. Même après la chute de la France, il croyait et disait que « la puissance navale était la clé de l'histoire », qu'Hitler, en raison de son infériorité navale, était voué à perdre cette guerre. Pour le théâtre européen, c'était faux sur le long terme. Le moteur à combustion interne avait changé la nature de la guerre pour la première fois en cinq cents ans, les armées pouvaient se déplacer plus rapidement sur terre que sur mer. Finalement, les armées d'Hitler ont dû être détruites sur terre, et principalement par les Russes. Si les armées allemandes n'avaient pas été mâchées par les Russes, les alliés occidentaux, avec toute leur supériorité maritime et aérienne, n'auraient pas pu envahir la France en 1944.

Ce qui est plus important, Roosevelt s'est également trompé à court terme. Si le pire devait arriver, pensa-t-il et dit-il à Churchill, la marine britannique pourrait traverser l'Atlantique pour se battre. Mais Churchill ne pouvait pas le garantir. Dès le 15 mai, il écrivait à Roosevelt que si l'aide américaine arrivait trop tard, « le poids pourrait être plus que ce que nous pouvons supporter ». Cinq jours plus tard, lorsque les Allemands eurent atteint la Manche, il répéta ceci : serait la flotte, et si ce pays était laissé par les États-Unis à son sort, personne n'aurait le droit de blâmer ceux qui en étaient alors responsables s'ils faisaient les meilleures conditions possibles pour les habitants survivants. Le lendemain de la chute de Paris, Churchill a fait savoir à Roosevelt qu'« un point peut être atteint dans la lutte où les ministres actuels n'ont plus le contrôle des affaires et où des conditions très faciles pourraient être obtenues pour les îles britanniques en devenant un État vassal du Empire hitlérien. C'était exactement ce qu'Hitler avait en tête. Comme dans le cas de la France, son plan prévoyait une occupation partielle de l'île britannique, avec la flotte dans les ports britanniques mais démobilisée, et avec un gouvernement britannique germanophile quelque part à la portée des forces d'occupation allemandes.

Néanmoins, les inclinations de Roosevelt étaient fortes et claires. Il tenta de cajoler et de mettre en garde Mussolini contre une entrée en guerre aux côtés d'Hitler. Roosevelt savait que ce genre de diplomatie représentait un autre éloignement de la neutralité et que Mussolini était toujours populaire parmi les grandes populations italo-américaines des grandes villes de l'Est : mais Roosevelt l'ignorait. Lorsque, le 10 juin, Mussolini choisit de déclarer la guerre à la France et à la Grande-Bretagne, Roosevelt modifie le brouillon d'un discours qu'il doit prononcer à l'Université de Virginie à Charlottesville. Il ajouta une phrase : « La main qui tenait le poignard, entonna-t-il, l'a frappé dans le dos de son voisin. Peu de phrases pourraient être plus neutres que cela. En entendant cela, Churchill grogna de satisfaction. Mais les mains de Roosevelt n'étaient pas encore libres.

Il a dû se préparer à une nomination sans précédent pour un troisième mandat sans précédent à la présidence. Et contre lui, une nouvelle coalition américaine avait commencé à se former : elle s'appelait l'Amérique d'abord, composée de toutes sortes d'hommes et de femmes qui pensaient et disaient que le soutien américain à la Grande-Bretagne était illégal, futile et faux. L'un des chefs de file de ce mouvement était Charles A. Lindbergh, un grand héros américain. Ses membres réels étaient reconnaissables, tandis que sa popularité potentielle n'était pas mesurable. Il est faux de considérer America First comme s'il s'agissait d'un coup de chance, d'un conventicule de réactionnaires et d'extrémistes. Il y avait toutes sortes d'Américains respectables qui s'opposaient à Roosevelt et qui répugnaient à s'engager du côté britannique. Ils comprenaient non seulement Herbert Hoover, mais aussi John Foster Dulles, avec qui les Lindbergh dînaient le soir où les Français ont demandé un armistice, en d'autres termes, la reddition. Anne Morrow Lindbergh était sur le point de publier son livre sur l'air du temps, intitulé The Wave of the Future , affirmant, loin d'être grossièrement ou sans intelligence, que l'ancien monde de l'individualisme libéral, de la démocratie parlementaire, était remplacé par quelque chose de nouveau. , sous nos yeux. Un autre livre, des mains d'un jeune Kennedy, un étudiant de Harvard, était également en préparation. Ses conclusions étaient plus prudentes que celles d'Anne Lindbergh, mais certaines de ses suggestions sous-jacentes n'étaient pas entièrement différentes. Son père était l'ambassadeur de Roosevelt en Grande-Bretagne. Joseph P. Kennedy, père, n'était pas un admirateur d'Hitler, mais c'était un isolationniste convaincu qui détestait Churchill et croyait que la résistance britannique à Hitler était vaine. Son fils, John F. Kennedy, était un contributeur secret à America First.

Puis vint la deuxième grande coïncidence. Le 22 juin, les délégués français signèrent leur capitulation devant Hitler. Ce fut son plus grand triomphe et le point le plus bas de la fortune britannique en mille ans. Pourtant, cette semaine même, la cause britannique fut portée par un coup de fortune inattendu, à Philadelphie de tous les lieux. Là, le parti républicain s'était réuni en convention et avait nommé Wendell Willkie pour leur candidat présidentiel : et Willkie n'était pas un isolationniste. Il y avait eu de nombreuses raisons de croire que les républicains nommeraient un isolationniste : peut-être Robert A. Taft de l'Ohio ou Arthur H. Vandenberg du Michigan. Le Midwest, avec ses importantes populations germano-américaines et scandinaves-américaines, majoritairement républicaines, était fortement isolationniste. Willkie est venu de l'Indiana et après l'invasion de la Scandinavie par Hitler, une partie de cet isolationnisme anglophobe scandinave-américain a commencé à s'estomper. Pourtant, la conviction isolationniste était toujours un courant fort et non canalisé parmi les délégués républicains qui se pressaient sur le parquet, dans cette arène bouillante du Convention Hall de Philadelphie. Mais un effort soigneusement orchestré et arrangé, avec les galeries scandant «Nous voulons Willkie», l'a emporté.

Rien de tout cela ne serait possible à l'époque du système primaire mécanisé. C'était encore possible il y a quarante-six ans. C'était l'aboutissement du leadership international, antipopuliste, financier et social des républicains de la côte est, des lecteurs du New York Herald Tribune sur ceux du Chicago Tribune, des anglophiles sur les anglophobes. La différence entre la vision du monde de Willkie et Roosevelt était de degré, pas de nature. Si les républicains avaient nommé un isolationniste, Roosevelt aurait probablement encore gagné, mais la nation aurait été douloureusement et dangereusement divisée et Roosevelt aurait été contraint d'aller lentement, très lentement contraint de nier ses convictions et ses penchants mêmes, au péril de mort de les Britanniques, les seuls champions restants de la liberté durant ce dangereux été 1940.

Cette entreprise Willkie a été d'une grande aide pour la Grande-Bretagne. Churchill le savait, et il avait été assez intelligent pour ne rien faire. Il se souvenait de la propagande britannique agressive aux États-Unis pendant la Première Guerre mondiale. "Nous ne danserons pas en assistant aux conventions de fête américaines." Il a laissé Hitler faire le travail de renverser les sentiments des Américains, afin que leur capitaine puisse commencer à changer le cours du puissant navire d'État américain de la neutralité armée à la défiance et à la guerre.

Hitler traînait maintenant, pour l'une des très rares fois pendant la guerre. L'Europe était à ses pieds. Il est parti en vacances, en tournée dans le nord de la France où il avait été soldat pendant la Première Guerre mondiale. Il fit une courte et furtive visite dans un Paris vide à l'aube. Il suggéra une version européenne de la doctrine Monroe : l'Europe pour les « Européens », l'Amérique pour les Américains. Il n'a rédigé la directive pour l'invasion de la Grande-Bretagne qu'à la mi-juillet – et même alors avec une certaine réticence. Le 19 juillet, il prononça un discours long et grossier, offrant une dernière chance de paix à la Grande-Bretagne. A Londres, l'« offre de paix » allemande a été abandonnée dans un silence glacial, un peu comme une note de chantage laissée à la porte d'un fier vieux manoir.

Un vieux manoir fier : mais tiendrait-il ? Pourrait-il tenir? Au-dessus des mers grises patrouillaient les pilotes, à travers les vagues de la Souehine conduisaient les flottilles britanniques, observant. Les Allemands allaient-ils arriver ? Et les Américains ? Il y avait un filet de marchandises de guerre se déplaçant vers l'est à travers l'Atlantique, propulsé par un courant de sympathie américaine : mais la sympathie n'était pas encore résolue, et ce courant n'était pas encore un déluge. Le bombardement de l'Angleterre qui a bouleversé les cœurs et les esprits de nombreux Américains n'avait pas encore commencé. Pendant six semaines après la chute de la France, les Américains, comme Churchill l'a dit plus tard à un confident, "nous ont traités de cette manière plutôt distante et sympathique qu'on adopte envers un ami dont on sait qu'il souffre d'un cancer". Il y avait beaucoup de gens en Amérique - non seulement des isolationnistes mais des hommes haut placés dans l'état-major général de l'armée - qui doutaient que la Grande-Bretagne tiendrait ou puisse tenir contre Hitler. Dans certains country clubs autour de Boston, de Philadelphie et de New York, les membres sont allés chercher des fusils de chasse d'occasion pour les Britanniques, dont la Home Guard était toujours dépourvue d'armes. Certains membres de la Home Guard ont reçu de vieux clubs et bâtons de golf, vraisemblablement pour frapper les Allemands rôdeurs à la tête. Si et quand l'invasion arrivait, "vous pouvez toujours en emporter un avec vous", avait prévu de dire Churchill.

Puis vint la troisième coïncidence, si énorme et si bouleversante dans ses conséquences que, même maintenant, de nombreuses personnes, y compris un certain nombre d'historiens, ignorent son ultime présage.

Six semaines s'étaient maintenant écoulées depuis la chute de la France et la Grande-Bretagne se tenait toujours, inviolée, de plus en plus embrasée par l'esprit insufflé par les paroles de Churchill. Franklin Roosevelt a pris sa décision. Il a fait un pas important. Il fit venir quelques confidents qui lui assurèrent qu'en sa qualité constitutionnelle de commandant en chef, il pouvait aller de l'avant. C'était à la toute fin du mois de juillet. Deux jours plus tard, Roosevelt a annoncé à son cabinet que les États-Unis « vendraient directement ou indirectement cinquante ou soixante destroyers de la Première Guerre mondiale à la Grande-Bretagne ». Churchill avait demandé un tel accord en mai. Les destructeurs n'étaient pas, en eux-mêmes, aussi importants que le geste, le sens de l'acte lui-même pour le monde. Cela signifiait le départ décisif de la neutralité américaine. Ce que Roosevelt ne savait pas, et ce que Churchill ne savait pas, c'est qu'au même moment, Hitler avait pris sa première décision décisive en ordonnant à l'état-major de l'armée allemande de planifier une invasion de la Russie.

Il y avait de la méthode dans la folie d'Hitler. Qu'a-t-il dit à l'entourage proche de ses commandants ce jour-là ? "L'espoir de l'Angleterre est la Russie et l'Amérique." Contre l'Amérique, il ne pouvait rien faire. Mais "si l'espoir en Russie est éliminé, l'Amérique est également éliminée", a-t-il déclaré. Il n'avait pas tout à fait tort. L'élimination de la Russie détruirait les espoirs britanniques d'une éventuelle conquête de l'Allemagne en Europe et renforcerait la position du Japon en Extrême-Orient. Aux États-Unis, cela renforcerait également l'opposition populaire à Roosevelt. Il y avait beaucoup d'Américains qui détestaient et craignaient le communisme : l'élimination de la Russie communiste rendrait l'intervention continue de Roosevelt aux côtés de la Grande-Bretagne de plus en plus futile et impopulaire. La Russie, a déclaré Hitler le 31 juillet 1940, n'était pas encore « une menace ». Mais il n'était pas sûr de ses perspectives de conquête de l'Angleterre. La guerre aérienne contre l'Angleterre était sur le point de commencer, mais "si les résultats de la guerre aérienne ne sont pas satisfaisants, les préparatifs [de l'invasion] seront interrompus". Ainsi, fin juillet 1940, Hitler, après quelques hésitations, envisage d'envahir la Russie au moment même où Roosevelt, après quelques hésitations, prend la décision d'engager les États-Unis du côté britannique.

Ce dernier jour de juillet 1940 n'était pas seulement un jalon important. Ce fut le tournant de la Seconde Guerre mondiale. S'ensuit le point culminant de la bataille d'Angleterre dans les airs, qui, pour Hitler, est indécise. En ce qui concerne le peuple américain, le bombardement de la Grande-Bretagne a solidifié leur inclination progressivement cristallisée à soutenir les Britanniques. La Grande-Bretagne tint bon et en novembre 1940, Roosevelt remporta facilement la majorité de son peuple pour un troisième mandat. C'était la première élection présidentielle américaine regardée par le monde entier. Lorsque Mussolini attaque la Grèce fin octobre, Hitler le réprimande : il aurait dû attendre la fin des élections américaines. Quand Hitler a accepté d'inviter le serviteur de Staline Molotov, le commissaire soviétique aux affaires étrangères, à Berlin, Staline a fixé la date de la visite après les élections américaines.

Ce qui a suivi – le prêt-bail, le projet de loi sur le service sélectif, les Marines envoyés au Groenland et en Islande, l'ordre de Roosevelt à la marine de tirer sur toute apparition d'engins navals de l'Axe – était une fatalité. Hitler était assez astucieux pour ordonner aux commandants allemands d'éviter à tout prix les incidents avec les États-Unis. Il ne voulait pas fournir à Roosevelt le prétexte d'un grave incident naval. Finalement, ses alliés japonais devaient accomplir ce qu'il hésitait à faire. Cinq cents jours après ce 31 juillet survint une autre grande coïncidence. Dans le désert enneigé avant Moscou, les Russes arrêtèrent l'armée allemande au moment même où, dans les déserts ensoleillés du Pacifique, l'attaque japonaise sur Pearl Harbor propulsa les États-Unis dans la guerre. Les Allemands et les Japonais remporteraient des victoires étonnantes même après cela : mais la guerre, ils ne pouvaient pas gagner.

Un an avant Pearl Harbor, Roosevelt avait annoncé que les États-Unis seraient « l'arsenal de la démocratie ». Churchill avait dit au peuple américain : « Donnez-nous les outils et nous finirons le travail ». Voulait-il dire cela ? Nous ne pouvons pas le dire. Il était loin d'être certain qu'Hitler puisse être vaincu par la seule fourniture d'armements américains. Ce qu'il fallait, c'était l'emploi d'immenses armées et marines américaines sur le terrain. Et même cela ne suffirait pas. La défaite d'Hitler ne pouvait être accomplie sans la puissance armée de la Russie, par laquelle la victoire en Europe devait être partagée avec la Russie.

Quarante-six ans plus tard, nous avons un gouvernement qui ne s'en souvient ni ne comprend cela. Churchill a compris l'alternative : soit toute l'Europe gouvernée par l'Allemagne, soit la partie orientale de celle-ci contrôlée par la Russie. Ce n'était pas une alternative agréable. Dans la politique mondiale, peu d'alternatives sont tout à fait agréables. Pourtant, la moitié de l'Europe valait mieux que rien. N'eut été de Franklin Roosevelt pendant ce dangereux été 1940, même cette alternative aurait été sans objet. Si les États-Unis avaient été dirigés par un président isolationniste en 1940, Hitler aurait gagné la guerre.


14-15 avril 1865 : Les tragiques dernières heures d'Abraham Lincoln

L'assassinat du président Abraham Lincoln est l'un des événements les plus tristes de l'histoire américaine. Pourtant, le matin du 14 avril 1865, le président se réveilla d'une humeur hors du commun. Un jour moins d'une semaine auparavant, le dimanche des Rameaux, le 9 avril, Robert E. Lee, le commandant de ce qui restait de l'armée des États confédérés, se rendit à Ulysses S. Grant, le général commandant de l'Union. La trêve conclue au palais de justice d'Appomattox, en Virginie, a marqué la fin du chapitre le plus destructeur du pays, la guerre civile.

Pour fêter ça, M. et Mme Lincoln ont décidé d'assister à la comédie à succès "Our American Cousin", qui jouait au Ford's Theatre. Les Lincoln ont invité le général Grant et sa femme à assister à la pièce avec eux. Lors d'une réunion du cabinet plus tard dans la matinée, cependant, le général Grant a informé le président Lincoln qu'ils ne pourraient pas rejoindre le premier couple et qu'ils rendraient plutôt visite à leurs enfants dans le New Jersey.

Plus inquiétant encore, le grincheux secrétaire à la Guerre, Edwin Stanton, a supplié le président de ne pas sortir ce soir-là par crainte d'un assassinat potentiel. Stanton n'était guère le seul conseiller présidentiel contre la sortie. Mme Lincoln a presque supplié, se plaignant d'un de ses maux de tête trop fréquents. Et même le président Lincoln gémit de se sentir épuisé à cause de ses lourdes fonctions présidentielles. Néanmoins, il a insisté sur le fait qu'une soirée de comédie était juste le tonique dont lui et sa femme avaient besoin. M. Lincoln, convaincu que ses gardes du corps le protégeraient de tout danger potentiel, a ignoré les avertissements et a invité le major Henry Rathbone et sa fiancée, Clara Harris, à les rejoindre pour une soirée au théâtre.

Lithographie de l'assassinat d'Abraham Lincoln. De gauche à droite : Henry Rathbone, Clara Harris, Mary Todd Lincoln, Abraham Lincoln et John Wilkes Booth. Rathbone est représenté en train de repérer Booth avant de tirer sur Lincoln et d'essayer de l'arrêter alors que Booth tirait avec son arme. De la Bibliothèque du Congrès

Le garde du corps principal de Lincoln, Ward Hill Lamon n'a pas assisté à la pièce et, à la place, John Parker, un garde de police bien connu pour son amour du whisky, a protégé le président. Parker a quitté son poste à l'extérieur de la loge présidentielle pendant l'entracte pour satisfaire une envie d'alcool au Star Saloon voisin.

Le pistolet Derringer utilisé par John Wilkes Booth pour tirer sur Abraham Lincoln. Photo de Mandel Ngan/AFP/Getty Images

Au cours du troisième acte, alors que les Lincoln riaient et se tenaient la main, un homme a fait irruption dans la boîte non gardée. L'intrus, bien sûr, était l'acteur et sympathisant confédéré John Wilkes Booth. L'assassin a déchargé son pistolet Derringer dans la nuque de Lincoln. Le major Rathbone a essayé de plaquer Booth mais l'assassin l'a maîtrisé en lui coupant le bras avec un poignard.Les historiens, comme ils ont l'habitude de le faire, se chamaillent pour savoir si Booth a crié "Sic Semper Tyrannis!" (« Ainsi toujours aux tyrans ! ») avant ou peu après qu'il ait tiré sur le président (à part la controverse sur le moment de l'exclamation de Booth, certains ont affirmé qu'il avait dit « Le Sud est vengé ! », « La revanche du Sud ! » ou même « Je l'ai fait ! ») Nous savons que Booth a sauté de la boîte à la scène, a attrapé son éperon dans le rideau et s'est peut-être cassé le tibia gauche (une autre source de discorde parmi les historiens). Il a réussi à s'éloigner en boitant et à sortir par la porte de la scène, initiant ainsi l'une des chasses à l'homme les plus intenses de l'histoire américaine.

En ce qui concerne les antécédents médicaux, cependant, ce n'est pas le membre blessé de Booth qui captive notre imagination. Au lieu de cela, ce sont les heures d'agonie que le président blessé a endurées avant de finalement succomber tôt le matin du 15 avril.

Alors que les membres du public criaient que le président avait été assassiné et criaient des appels pour attraper et tuer le coupable en fuite, le premier médecin à assister à Lincoln était un capitaine de l'armée de 23 ans nommé Charles A. Leale. Il venait de recevoir son diplôme de médecine six semaines plus tôt, le 1er mars, du Bellevue Hospital Medical College de New York, largement considéré comme l'un des meilleurs du pays. Leale était dans le public ce soir-là après avoir appris que Lincoln, qu'il admirait beaucoup, serait au Ford's Theatre.

Ford's Theatre, avec des gardes postés à l'entrée et des drapés de crêpe aux fenêtres, vers 1865. Photo de Buyenlarge/Getty Images

Le Dr Leale a immédiatement discerné, au toucher le long de la plaie sanglante, que la balle était entrée dans la tête du président juste derrière son oreille gauche et avait traversé le côté gauche de son cerveau. Envoyant chercher du cognac et de l'eau, le Dr Leale a rappelé : « Quand j'ai atteint le président, il était dans un état de paralysie générale, ses yeux étaient fermés et il était dans un état profondément comateux, tandis que sa respiration était intermittente et extrêmement stertoreuse ( c'est-à-dire bruyant et laborieux). J'ai placé mon doigt sur son pouls radial droit mais je n'ai pu percevoir aucun mouvement de l'artère.

En examinant la tête de Lincoln, les doigts de Leale passèrent sur un « gros caillot de sang ferme situé à environ un pouce au-dessous de la ligne incurvée supérieure de l'os occipital » (à la base arrière du crâne). Le jeune médecin a retiré le caillot, a fait glisser son petit doigt dans le trou fait par la « balle » (le nom des balles rondes alors en usage dans les années 1860) et a découvert qu'elle avait pénétré dans le cerveau. Cette manœuvre peut sembler choquante pour un observateur du 21e siècle, mais à l'époque où les médecins ne connaissaient rien à la microbiologie, sans parler des techniques chirurgicales stériles, c'était une pratique courante pour examiner les blessures par balle. Le Dr Leale a rapidement déterminé qu'il s'agissait d'une blessure mortelle.

Après quelques minutes, la respiration de Lincoln a semblé se rallier un peu et le Dr Leale a pu boire un peu de cognac et arroser la bouche du président. A cette époque, deux autres médecins, C.F. Taft et A.F.A. King est arrivé sur les lieux et les trois ont décidé de déplacer le président moribond de l'autre côté de la rue jusqu'à la pension de William et Anna Petersen, au 453 10th St. (maintenant 516 10th St.). Là, il a été emmené à l'étage pour se reposer dans la pièce. d'un soldat de l'Union nommé William T. Clark, qui était sorti pour la soirée.

Les détails macabres des dernières heures de Lincoln sont devenus beaucoup plus clairs en 2012 lorsque Helena Iles Papaioannou, une assistante de recherche travaillant sur le projet Papers of Abraham Lincoln, cherchait dans les registres des « lettres reçues » du bureau du Surgeon General, qui sont déposés à les Archives nationales des États-Unis. C'est dans ces dossiers, sous la lettre « L », qu'elle a trouvé un rapport de 22 pages que le Dr Leale a écrit quelques heures seulement après la mort du président Lincoln. En fait, il existe sept récits existants de Leale, cinq datant de 1865, un de 1867 et un autre de 1909. Chaque version est similaire, bien que chacune contienne quelques variations et de légères différences de terminologie et de ton. Pourtant, de nombreux érudits de Lincoln ont estimé que le document Papaioannou était la version la plus fiable car il a été écrit si étroitement après les événements réels.

La chambre dans laquelle le président Abraham Lincoln est mort, dans la maison Petersen à Washington, DC, juste en face du théâtre Ford, vers 1960. Le lit est une réplique du lit de mort réel acquis par le Chicago History Museum en 1920. Photo par Archives Photos/Getty Images

Compte tenu de la taille légendaire du président Lincoln, il a été placé sur le lit en position diagonale avec «une partie du pied (du lit) retirée pour nous permettre de le placer dans une position confortable». Les fenêtres de la pièce ont été ouvertes et, à l'exception des médecins traitant le président, sa femme et son fils Robert, et plusieurs des conseillers les plus proches du président Lincoln, la petite pièce a été nettoyée. Les chirurgiens ont tenté de sonder la plaie en introduisant des instruments chirurgicaux (et leurs mains non lavées) dans le trou de balle dans l'espoir d'extraire la balle de plomb et les morceaux d'os délogés. La chirurgie du cerveau étant une spécialité médicale quasi inexistante à ce stade de l'histoire, le seul espoir des médecins était qu'en gardant la plaie ouverte, le sang puisse circuler plus librement et ne pas comprimer davantage le cerveau, causant encore plus de blessures. Malheureusement, leurs efforts ont été vains, et au fur et à mesure que les heures du matin avançaient, le parcours de Lincoln ne faisait que descendre.

Le Dr Leale a écrit : À 7 h 20, il a rendu son dernier soupir et « l'esprit s'est enfui vers Dieu qui l'a donné. » Photo des Archives nationales

À 6 h 40, le Dr Leale écrit : « Son pouls ne pouvait pas être compté, il était très intermittent, deux ou trois pulsations étant ressenties et suivies d'un entracte, quand aucun mouvement de l'artère ne pouvait être ressenti. Les inspirations devinrent alors très courtes, et les expirations très prolongées et laborieuses accompagnées d'un son guttural.

À 6 h 50, le Dr Leale a de nouveau enregistré ce qu'il a observé : « Les respirations cessent pendant un certain temps et tous regardent avidement leur montre jusqu'à ce que le silence profond soit troublé par une inspiration prolongée, qui fut bientôt suivie d'une expiration sonore. Le Surgeon General (Joseph K. Barnes) tenait maintenant son doigt sur l'artère carotide, le colonel (Charles) Crane tenait sa tête, le Dr (Robert) Stone (le médecin de famille de Lincoln) qui était assis sur le lit, tenait sa gauche pouls, et son pouls droit était tenu par moi-même.

« À 7 h 20, écrivait-il, il rendit son dernier soupir et (ici, Leale paraphrase Ecclésiaste 12 : 7) « l'esprit s'enfuit vers Dieu qui l'a donné. » (La plupart des historiens donnent l'heure de mort à 7h22)

Plus célèbre encore, le secrétaire à la Guerre Stanton a salué le président déchu et a déclaré : « Maintenant, il appartient aux âges. » (Certains ont fait valoir que Stanton a dit « Maintenant, il appartient aux anges. ») Stanton a en outre fait l'éloge du président Lincoln avec l'observation appropriée : « Il y a le plus parfait dirigeant d'hommes que le monde ait jamais vu. »

Curieusement, les événements des 14 et 15 avril représentaient l'incarnation du pire cauchemar de Lincoln. Trois jours seulement avant sa mort, Abraham Lincoln a déclaré au garde du corps Ward Hill Lamon qu'il avait rêvé d'un enterrement qui avait eu lieu dans la salle est de la Maison Blanche. Dans le rêve, il a demandé à un soldat posté près du cercueil : « Qui est mort ? Le soldat a répondu : « Le président, tué par un assassin ! Le président a également noté : « Puis est venu un grand éclat de chagrin de la foule, qui m'a réveillé de mon rêve. Je n'ai plus dormi cette nuit-là et même si ce n'était qu'un rêve, j'en ai été étrangement ennuyé depuis.

Le Dr Leale a poursuivi une carrière distinguée en tant que médecin, après une libération honorable de l'armée américaine en 1866 en tant que «brevet capitaine». Il a voyagé en Europe et a étudié le choléra pendant la grande pandémie de choléra de 1866. Il s'est marié en 1867, a eu six enfants, a pratiqué avec succès la médecine et a travaillé sur un certain nombre de causes caritatives à New York jusqu'à sa retraite en 1928 à l'âge de 86 ans. Mais sa plus grande aventure médicale s'est produite quelques semaines seulement après avoir obtenu son diplôme de médecine. C'était la nuit et le jour, il y a 150 ans, lorsque le Dr Leale s'occupait du 16e président des États-Unis, qui a rendu son dernier souffle tôt le matin du 15 avril 1865, à cause de l'acte dérangé d'un assassin fou. .

Le Dr Howard Markel écrit une chronique mensuelle pour le PBS NewsHour, soulignant l'anniversaire d'un événement capital qui continue de façonner la médecine moderne. Il est directeur du Center for the History of Medicine et George E. Wantz Distinguished Professor of the History of Medicine à l'Université du Michigan.

Il est l'auteur ou l'éditeur de 10 livres, dont “Quarantine ! Les immigrants juifs d'Europe de l'Est et les épidémies de New York de 1892, « Quand les germes voyagent : six épidémies majeures qui ont envahi l'Amérique depuis 1900 et les craintes qu'ils ont déclenchées » et « Une anatomie de la toxicomanie : Sigmund Freud, William Halsted et la drogue miracle cocaïne.”

Gauche : Peinture de la mort du président Abraham Lincoln, vers 1865. Photo de Fotosearch/Getty Images


Périphérique 1940 – 1946

Le général Sir John Dill, chef d'état-major impérial (CIGS), inspectant les troupes de parachutistes au Central Landing Establishment à RAF Ringway près de Manchester, décembre 1940. Photo Imperial War Museum
Avril 1941 - Visite de Winston Churchill à Ringway
Dans le hangar d'entraînement. Esc. Ldr. Louis Strange présent à droite Avec Mme Churchill M. et Mme Churchill, le général Ismay et M. Averill Harriman USA, visitent l'école de parachutisme, Ringway, en avril 1941. Le capitaine de groupe “Stiffey” Harvey leur fait visiter.
Hangar d'entraînement Ringway
Whitley quitter l'entraînement Maquette L'instructeur en chef John Kilkenny donne des instructions personnelles au major général Eric Bols

Un sergent de section PJI avec le maréchal de l'air Sir Arthur Barratt et le général Sir Bernard Paget. Remarque insigne de bras PJI pré-brevet

Sous surveillance

Zone de dépôt de Tatton Park
Original DZ Airphoto 4 mai 1943 Ballon Tatton Park Cage ouverte Approche latérale droite Atterrissage latéral droit Atterrissages à Tatton Park DZ Wg. Cdr. Maurice Newnham (deuxième à droite) à Tatton Park DZ Whitley s'équipe, le gars à droite semble avoir un problème… Whitley sur la dispersion À l'intérieur du Whitley

Whitley kitbag sortie Tatton Park Avec l'aimable autorisation de PJI Alan Brown “premier à partir” C 47 Dakota Alan Brown “premier à partir” À l'intérieur du Dakota Stations d'action Dakota Dakota kitbag sortie Whitley et Dakota quittent Whitleys Salisbury Plain 1942. Photo avec l'aimable autorisation de Peter Hearn Descente d'eau du personnel le 6 juin 1945. Centre Jimmy Blyth en uniforme Descente d'eau VIP dans Rosthene Mere. Le général K.N. Crawford troisième à partir de la droite. Leslie Irvin troisième à partir de la gauche. 6 juillet 1945

Sortie du général Crawford avec sacoche Sortie de Leslie Irvin Instructeur en chef John Kilkenny sortie du manuel Récupération - Centre général Crawford, avec Maurice Newnham et Leslie Irvin à droite Les généraux Roy Urquhart, Richard Gale et K.N. Crawford avec John Kilkenny, Maurice Newnham et Tommy Hanlon du ministère de l'Air. En date du 2 avril 1945 Arnhem Drop Zone X, au nord de Renkum 17 septembre 1944

Victoire en Europe 1945

Descente d'eau Ringway V.E. Jour 1945. Jimmy Blyth (OC PTS 1953-1958) est quatrième à partir de la droite, Maurice Newnham troisième à gauche

Titres des journées portes ouvertes Journée Portes Ouvertes Ringway RAF 15 septembre 1945

Journée portes ouvertes comme ci-dessus

Défilé de la journée portes ouvertes Plaque de rocade

Voir aussi https://www.paradata.org.uk/unit/no-1-pts-raf-ringway

Conséquences

En 1945, les instructeurs de saut en parachute de la Royal Air Force ont reçu le statut d'équipage honoraire en raison de leur rôle de répartiteur sur les opérations aéroportées sur les théâtres d'opérations en Europe et en Extrême-Orient pendant la Seconde Guerre mondiale.

Index

Annexe – Décès en ligne statique (formation)
Rapport RAE. NB : les deux premiers décès ont eu lieu lors du premier déploiement de la voilure, ce qui a conduit au développement du X Type.

Montre un exemple de déploiements de canopée en premier. Voir ci-dessous les entrées 1 et 2

Photo avec l'aimable autorisation de Leo Valentin “Birdman” (Hutchinson 1955) Dysfonctionnement non identifié

ENDEX

Album Ringway

Présenté au No.1 PTS par le Group Captain M.A. Newnham OBE DFC lors de l'ouverture du PTS Museum le 9 juin 1973
Le capitaine de groupe Newnham avec le commandant de l'escadre du SPT Peter Hearn. Photo avec l'aimable autorisation de Peter Hearn Couverture Crête d'origine Frontispice Automne 1941. Richard Gale, ‘Stiffey” Harvey, Maurice Newnham, Eric Down (portant un parachute) et Tim Hope-Thomson SM le roi George VI et la reine Elizabeth Ballon du parc Tatton Ballon en attente Sorties Contrôle avant embarquement Embarquer À l'intérieur du Whitley Postes d'action Whitley quitte Tatton Atterrissages de type X Tatton Démo Tatton sans date

Jour de la victoire le 8 mai 1945

Défilé de la gare Faire le salut Le général Stanislaw Sosabowski (au centre) commandait la 1re brigade indépendante de parachutistes polonais à Arnhem Défilé Défilé WAAF

Royal Air Force Day samedi 15 septembre 1945
Aérodrome avec terrain de sport en premier plan Journée Portes Ouvertes Ringway RAF 15 septembre 1945 Descentes de démonstration Personnel du Ringway 12 octobre 1944

Eagle Archives, 15 avril 1954: Où Tyringham a enfin obtenu sa réponse d'un visiteur

TYRINGHAM - Un visiteur de cette vallée en provenance d'Angleterre a élucidé dimanche le mystère de longue date de l'origine de son nom.

Le visiteur était le colonel Giffard L. Tyringham, retraité du service de Sa Majesté dans l'armée britannique. De retour en Angleterre via New York après trois semaines de vacances aux Bermudes, le colonel et sa fille ont fait un détour par la seule ville américaine qui porte leur nom.

Le colonel et Mlle Rose Marie Tyringham, 17 ans, sont arrivés dans le train de midi à Lee où ils ont été accueillis au dépôt par M. et Mme Fred Loring. Le colonel Tyringham avait téléphoné aux Loring la veille pour leur dire qu'ils venaient.

Au cours du déjeuner chez les Loring en face de Breakneck Road sur Lee Road, le colonel Tyringham a dit à son hôtesse qu'un de ses ancêtres avait émigré au Massachusetts à l'époque pré-révolutionnaire et était venu dans cette région à la recherche de fer.

L'ancêtre a nommé la vallée dans laquelle la ville se niche maintenant Tyringham d'après sa maison familiale en Angleterre.

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Cela a bouleversé plusieurs théories antérieures. L'un des favoris est contenu dans une histoire de la ville publiée en 1905 à l'occasion de la Old Home Week.

Les « premiers historiens » cités dans cette brochure croyaient que le nom de la ville avait été suggéré par Lord Vicomte Howe, qui est passé par ici sur le chemin de sa mort dans la bataille avec les Français à Ticonderoga. Le vicomte aurait possédé le domaine de Tyringham, en Angleterre.

Le colonel Tyringham a déclaré dimanche à Mme Loring que sa famille était propriétaire de Tyringham Manor dans le Buckinghamshire, en Angleterre, mais qu'elle a récemment dû vendre le domaine en raison des taxes élevées. La famille vit maintenant à Trevethoe House, Lelant, Cornwall, Angleterre.

En quittant les Loring, le colonel et sa fille ont rendu visite à Mlle Lena Garfield et à sa sœur, Mme Blanche Rouse, deux des citoyens les plus respectés de la ville.

Les visiteurs ont été emmenés à l'église de l'Union de Tyringham où le colonel a fait remarquer sa « dignité chaste et simple ». Lors d'une visite à la bibliothèque, la bibliothécaire Mme Percy Stanton a montré au colonel un livre d'images qui, il était ravi de trouver, comprenait des photos du domaine de Tyringham en Angleterre.

Cette histoire dans l'histoire est sélectionnée dans les archives de Jeannie Maschino, The Berkshire Eagle.


15 Les farces du poisson d'avril qui ont terriblement mal tourné

Personne ne planifie une blague pour le poisson d'avril et se dit : "J'espère vraiment que cela se passera horriblement mal." Chaque farce commence avec les meilleures intentions, dans l'espoir que cela conduira à une confusion hilarante et, à la fin, à un rire sauvage et reconnaissant. C'est le poisson d'avril, pas avril, cela va vous hanter pour le reste de votre vie. Mais parfois, les choses ne se passent pas comme prévu. Et parfois, cela va encore pire que cela, se terminant par des sirènes de police, des larmes et peut-être une condamnation pour crime.

En guise d'avertissement à tous les ambitieux poissons d'avril, voici 15 exemples de la façon dont cette fête nationale de l'humour peut devenir moche. Considérez-les comme votre canari dans une mine de charbon, un avertissement pour bien réfléchir avant d'essayer de mettre en place une ruse élaborée cette année. Comme le dit ce vieil adage, "Ce n'est drôle que jusqu'à ce que quelqu'un compose le 911." Et pour des manières bien meilleures et plus inoffensives de faire rire vos amis, votre famille et vos collègues, essayez l'une de ces 50 blagues qui vous feront craquer.

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Taco Bell a stupéfié la nation en 1996 lorsqu'ils ont publié des annonces pleine page dans plusieurs grands journaux, annonçant qu'ils avaient acheté la Liberty Bell à Philadelphie et la rebaptisaient Taco Liberty Bell. La franchise de restauration rapide n'avait manifestement rien fait de tel – si vous ne le savez pas déjà, les symboles les plus historiques de l'Amérique ne sont pas à vendre – mais à l'époque, il y avait une sérieuse indignation quant à la façon dont cela aurait pu se produire.

Même des politiciens comme les sénateurs Bill Bradley et James Exon ont appelé le National Park Service pour savoir pourquoi cette antiquité inestimable de l'époque de la guerre d'indépendance avait été vendue à un endroit qui vend des Gorditas. Si seulement les dirigeants de Taco Bell s'étaient souvenus de crier « Poisson d'avril ! » Et si vous avez envie de Taco Bell, permettez-nous de vous orienter vers une bien meilleure alternative : cette salade de tacos saine et facile.

Lorsque le célèbre Franklin Institute Science Museum de Philadelphie fait une prédiction cataclysmique, il est logique de la traiter sérieusement. C'est exactement ce que les médias locaux ont fait lorsque William Castellini, un porte-parole du musée, a publié ce communiqué de presse effrayant en 1940 : « Vos pires craintes que le monde se termine sont confirmées par les astronomes du Franklin Institute, Philadelphie. Les scientifiques prédisent que le monde se terminera à 15 h 00, heure normale de l'Est demain. Ce n'est pas une blague de poisson d'avril. "

Vous devez le remettre aux scientifiques, ils ont même pensé à inclure un avertissement du poisson d'avril. Eh bien, alerte spoiler, rien de tout cela n'était vrai, c'était juste une promotion pour un prochain spectacle de planétarium sur les apocalypses cosmiques, mais cela a provoqué une légère panique à Philadelphie, et Castellini a été licencié pour l'incident. Et pour en savoir plus sur ces scientifiques farfelus, consultez les 30 prédictions les plus folles sur l'avenir que les experts disent qui vont se produire.

Cela semblait certainement inquiétant lorsque les DJ de Kansas City, Johnny Dare et Murphy Wells, ont averti le public en 2002 que leur eau potable avait été testée pour des niveaux élevés de "monoxyde de dihydrogène". Eh bien, il s'avère que le monoxyde de dihydrogène est le terme chimique pour H2O, donc techniquement, ce qu'ils ont dit n'était pas un mensonge.

Plus de 150 de leurs auditeurs ont appelé le service des eaux pour se plaindre, ce qui a amené un responsable des eaux à décrire la farce comme un « acte terroriste ». Comme pourrait le dire Scooby Doo, "Ruh-roh". Et pour plus de plaisir malhonnête, voici les 40 mensonges que les enfants disent que les parents craquent toujours.

La dernière fois que la Great Blue Hill à Milton, dans le Massachusetts, a pu être décrite comme un véritable volcan, c'était il y a environ 600 millions d'années. Aujourd'hui, comme son nom l'indique, ce n'est qu'une colline. Mais lorsque WNAC-TV, une station locale de Boston, a diffusé un reportage le 1er avril 1980, avertissant que la colline était devenue volcanique, beaucoup de gens ont paniqué.

Pour être juste, la station d'information incluait des images effrayantes de lave chaude, et les téléspectateurs n'avaient aucun moyen de savoir qu'il ne s'agissait que d'images d'archives. À moins qu'ils ne s'arrêtent pour penser : « Attendez une minute, une colline n'est pas capable de cracher de la lave, n'est-ce pas ? » Le segment d'actualités comprenait également une carte à la fin qui disait "Poisson d'avril", ce qui aurait pu être un indice que tout était faux. Quoi qu'il en soit, l'histoire a provoqué la panique, la police a reçu de nombreux appels, et le producteur responsable de l'"histoire" a été mis en boîte.

Le service de police de Manchester au Royaume-Uni s'est amusé en 2015 lorsqu'il a tweeté cette offre pas si drôle : « Connaissez-vous quelqu'un en prison ? Vous pouvez le faire libérer plus tôt en votant pour lui ici. Les prisonniers avec le plus de votes gagnent également un jour férié." Cela ne s'est pas si bien passé avec certains des parents dont les enfants avaient été assassinés par des prisonniers incarcérés à Manchester. Un père en deuil a même appelé cela « une gifle au visage ».

Google pensait qu'ils ajoutaient une fonctionnalité amusante du poisson d'avril à Gmail en 2016, un bouton "Mic Drop" qui permettait aux utilisateurs d'insérer un GIF animé d'un Minion (du film Un moi méprisable) en déposant un microphone à la fin de n'importe quel e-mail. De plus, après avoir utilisé la fonction Mic Drop, cela désactiverait immédiatement la chaîne d'e-mails, car duh, vous avez laissé tomber le micro et il n'y a plus rien à dire.

Malheureusement, le bouton Mic Drop était juste à côté du bouton d'envoi, et tout le monde ne pouvait pas faire la différence. Certaines personnes ont envoyé des Mic Drops à de futurs employeurs ou à des membres de leur famille pour les informer d'une tragédie personnelle. Ce fut un désastre épique, et comme Google l'a admis dans un communiqué, "Eh bien, on dirait que nous nous sommes fait une blague cette année." Et pour en savoir plus sur les choses malhonnêtes que nous faisons, ne manquez pas ces 40 mensonges que tout le monde raconte au quotidien.

Rien ne dit " gotcha " comme un faux suicide. Randy Wood de l'État de New York pensait qu'il s'amuserait avec son ex-femme en 2004 lorsqu'il a mis en scène des tableaux élaborés de la cour avant où il semblerait qu'il était pendu à un nœud coulant alors qu'en réalité, il était attaché en toute sécurité à un harnais.

Eh bien, assez choquant, il s'avère que son ex-femme n'a pas immédiatement pensé « Oh, attendez, n'est-ce pas le premier avril ? Peut-être que je me trompe. » Elle a fait ce que toute personne raisonnable ferait, elle a appelé le 911, qui a envoyé des ambulances, des camions de pompiers et des voitures de police. La farce de Randy a été découverte et il a terminé la nuit dans une cellule de prison. Et pour des faits plus fous, voici les 30 politiques d'entreprise les plus folles que les employés doivent suivre.

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Vous savez ce qu'il y a d'hilarant à conduire en état d'ébriété ? Absolument rien. Mais cela n'a pas empêché Bruce Irvin des Seahawks de Seattle d'essayer de toute façon, tweetant en 2015 qu'il avait été arrêté pour un DUI.

"Je ferai tout pour regagner votre confiance et je deviendrai une meilleure personne après cela", a-t-il écrit, pour tweeter à nouveau plus tard avec, "Haha poisson d'avril. "

Les gens étaient naturellement contrariés, puis Irvin s'est énervé d'avoir raté sa blague (pas du tout évidente). "Détendez-vous", les a-t-il réprimandés, avant de finalement "me bannir de Twitter le reste de la journée". Comme l'a noté CBS Sports, "Les blagues sont géniales. Ne pas être trop sérieux au sujet de la vie est également génial. Mais ne pas avoir de conscience de la situation est une mauvaise chose." Oh, et en parlant des Seahawks ? Ils ont certainement l'un des 30 uniformes les plus laids jamais conçus.

Brandon Griffin, 25 ans, était en vacances au ski avec ses parents en 2012 lorsqu'il a décidé de leur annoncer la nouvelle : sa petite amie était enceinte et ils avaient décidé de garder le bébé. Il a fondu en larmes alors que sa mère le réconfortait, assurant à Brandon qu'ils seraient toujours là pour lui.

Mais ensuite, il a révélé la vérité, ce n'était qu'un bâillon d'un poisson d'avril, et ses parents ont répondu comme n'importe quel soignant aimant et compatissant, en criant « battez-le », puis en le giflant de manière insensée. La vidéo est devenue virale, avec deux millions de vues sur YouTube et ça continue.

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Al-Jafr, une petite ville de Jordanie, n'est pas habituée à beaucoup de visiteurs étrangers, encore moins interplanétaires. Quand le Al Ghad journal a rapporté en 2010 qu'un vaisseau spatial extraterrestre avait atterri près d'eux, ils l'ont pris comme une nouvelle légitime.

"Les élèves n'allaient pas à l'école, leurs parents avaient peur et j'ai failli évacuer les 13 000 habitants de la ville", a expliqué le maire. "Les gens avaient peur que des extraterrestres les attaquent." Un rédacteur en chef du journal a insisté sur le fait que leur intention était "de divertir, pas d'effrayer les gens". Mission non accomplie !

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Il est facile de dire avec le recul que lorsque Susan Tammy Hudson, une résidente du Tennessee, a appelé sa sœur en 2013 et lui a dit: "J'ai tiré sur mon mari, je nettoie le désordre, allons l'enterrer à Blackwater", c'était probablement un poisson d'avril. plaisanter. Et pas seulement parce qu'elle a passé l'appel le 1er avril. Cela ressemble à une demande suspecte. Mais la sœur d'Hudson n'en était pas si sûre – apparemment, elle entendrait des rumeurs de problèmes conjugaux – et quand elle a appelé le reste de la famille pour leur dire ce qu'Hudson avait avoué, quelqu'un a décidé qu'ils ne pouvaient pas laisser un parent s'en tirer avec un meurtre.

Une voiture de police s'est présentée au domicile d'Hudson, et après que son mari se soit révélé être entièrement non assassiné, aucune accusation n'a été portée, bien qu'Hudson ait pu profiter d'un peu de temps à l'arrière d'une voiture de police, pour se demander comment elle pourrait être en avril prochain. La farce des imbéciles n'impliquerait pas d'enterrer des maris morts.

Jodee Berry, une serveuse Hooters de 27 ans en Floride, avait toutes les raisons de croire qu'elle avait gagné une voiture en 2001. Les restaurateurs ont organisé un concours pour leur personnel, offrant une nouvelle automobile Toyota au serveur qui a vendu le plus Bière. Mais quand le moment de vérité est venu pour Berry, et qu'elle a eu les yeux bandés et emmenée dans un parking pour recevoir son prix, on lui a en fait donné… une poupée Yoda. (J'ai compris ? Toyota. Toy Yoda. C'est drôle parce qu'ils se ressemblent un peu.)

Tout le concours était censé être un poisson d'avril, mais Berry n'était pas amusé. (Hé, vous essayez de conduire une poupée Yoda au travail.) Elle a engagé un avocat et a poursuivi avec succès le restaurant en dommages et intérêts. Tout ce qu'elle voulait, a expliqué son avocat, c'était assez d'argent pour qu'elle puisse "choisir le type de Toyota qu'elle veut". Et c'est exactement ce qu'elle a obtenu.

Greg "Opie" Hughes et Anthony Cumia, deux fans de choc à la radio de Boston - qu'en est-il des DJ et des farces du poisson d'avril qui ont mal tourné ? -en cas de collision avec une autre voiture.

L'histoire s'est répandue rapidement et n'a pris fin que lorsque le maire, qui était dans un avion lors de l'émission, en a entendu parler après l'atterrissage. "Je suis descendu de l'avion", a déclaré Menino à un journal local, "et mon chauffeur a dit:" Vous êtes mort. "" Opie et Anthony ont été licenciés, mais le couple a rapidement trouvé du travail à New York et a poursuivi une longue carrière. en radio. Menino est mort pour de vrai en 2014, pour des causes sans rapport avec le poisson d'avril ou les DJ de radio ricanants.

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Lorsqu'un DJ de la ville balnéaire britannique de Brighton a annoncé qu'une réplique du navire condamné Titanic naviguerait le long de la côte du Sussex et serait visible depuis les falaises de Beachy Head, des milliers de ses auditeurs ont afflué dans la région, certains d'aussi loin que 40 miles de distance, pour assister à un morceau d'histoire.

Malheureusement, le navire n'arrivait pas - c'était un gros poisson d'avril par le DJ - et tous ces corps supplémentaires ont provoqué la formation d'une fissure de cinq pieds sur la falaise, provoquant une véritable panique parmi les déjà déçus et maintenant terrifiés. foule. Personne n'est mort, mais un porte-parole des garde-côtes a affirmé que le bâillon "mettait le public en danger". Le DJ s'est excusé plus tard, disant que c'était "juste un peu amusant".

Vous savez que c'est un poisson d'avril amusant si cela déclenche un incident international. Oh attendez, non, nous voulons dire le contraire.

En 1986, un bureau de renseignement israélien a répandu une rumeur à la radio d'État israélienne selon laquelle le leader musulman chiite libanais Nabih Berri avait été grièvement blessé lors d'une tentative d'assassinat. Eh bien, ne le savez-vous pas, le reportage s'est répandu dans les stations de radio libanaises, et cela a aggravé les relations déjà tendues entre les deux nations. Des excuses ont été présentées et le doofus qui a répandu la rumeur (qui n'a jamais été identifié) a été menacé d'une cour martiale.

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Garfingal et Abe marchant jusqu'à Krosniewice, fin de l'automne 1940

3. Abe et Garfingal après s'être échappés de Kutno

Fin de l'automne 1940 - Près d'un an plus tard, les conditions dans le ghetto sont horribles. Les nazis ne permettront même pas aux prisonniers d'évacuer les déchets et les eaux usées. Les poux ont infesté le ghetto et une épidémie de typhus sévit parmi les prisonniers. Abe se rend compte que son seul espoir de survie est de s'échapper. Peut-être qu'alors il pourra aussi aider ses parents et ses sœurs en dehors des murs du ghetto. Avec l'aide de son ami Garfingal, Abe soudoie un garde avec une montre et un tapis que ses sœurs avaient accrochés à des sacs de sucre qu'elles avaient trouvés. Abe dit ensuite au revoir à sa famille dans une scène déchirante. Il ne reverra plus jamais sa famille en vie.

Abe et Garfingal réussissent à s'échapper, mais où aller ? Ils marchent jusqu'à la ville voisine de Krosniewice. Au moins Krosniewice a un ghetto ouvert, il y a une certaine liberté d'aller et venir pendant la journée. Abe est capable de travailler pour les nazis et de gagner un peu d'argent pour acheter de la nourriture au marché noir et la faire passer en contrebande à sa famille dans le ghetto de Kutno.


Le bombardement de Coventry en 1940

Dans la nuit du 14 novembre 1940, la Luftwaffe attaque Coventry. Le bombardement de Coventry a été considéré comme le plus grand test de la détermination britannique jusqu'à ce stade du Blitz. Connue sous le nom d'« Opération Moonlight Sonata », plus de 400 bombardiers ont attaqué Coventry cette nuit-là et au petit matin du 15 novembre 1940.

Coventry était une importante ville d'ingénierie et de fabrication avant la Seconde Guerre mondiale et les usines qui y étaient basées ont joué un rôle important dans l'approvisionnement de l'armée britannique dans les premiers mois de la guerre. Par exemple, Alvis fabriquait des voitures blindées tandis qu'Aero fabriquait des pièces importantes pour la RAF. Une grande partie de la main-d'œuvre de la ville vivait très près de l'usine dans laquelle ils travaillaient, de sorte que toute attaque contre les usines devait également toucher les maisons.

La Luftwaffe avait fait une reconnaissance très approfondie de la ville et savait où se trouvaient les usines les plus importantes. La planification du raid sur Coventry était aussi minutieuse que la Luftwaffe prévoyait d'être aussi destructrice que possible. Leur plan était un vol d'est en ouest au-dessus de la ville suivi d'une attaque d'ouest en est. L'intention était de créer une tempête de feu dans la ville qui détruirait les usines et briserait totalement le moral des habitants. Le but ultime de l'attaque était de créer un tel sentiment de choc que le gouvernement demanderait la paix.

Malgré son importance en tant que centre manufacturier, Coventry était mal défendu contre une attaque aérienne. Moins de 40 canons antiaériens entouraient la ville ainsi qu'une cinquantaine de ballons de barrage. L'une des raisons officieuses avancées pour ce manque de défense était que la ville a été construite dans un creux naturel qui, croyait-on, donnait à la ville une défense naturelle contre une attaque aérienne car la nuit, surtout pendant les mois les plus froids, la ville était couverte avec du brouillard.

La Luftwaffe prévoyait d'attaquer à la prochaine pleine lune, le 14 novembre. Le renseignement britannique savait qu'un raid était prévu – mais ne savait pas où. L'hypothèse était que Londres serait la cible.

La nuit du 14 novembre était très froide et aussi très claire en raison de la pleine lune. S'il était vrai que les défenses de la ville étaient réduites au minimum en raison d'une couverture nocturne de brouillard, ce ne devait pas être cette nuit-là.

Les sirènes ont retenti pour la première fois à Coventry à 19h10. Les avions Pathfinder ont largué des fusées éclairantes à parachute pour marquer les principales cibles. Les bombes incendiaires ont été larguées en premier. Beaucoup ont été piégés de sorte que lorsqu'ils ont explosé, des centaines d'éclats de métal chauffés au rouge ont jailli. Cette première vague de bombardements a créé plus de 200 incendies.

A 21h30, les premières bombes explosives ont été larguées. Ils ont causé d'importants dégâts. À 22h30, Coventry était effectivement coupée de l'extérieur, car très peu de lignes téléphoniques avaient survécu au bombardement et les déplacements étaient très dangereux car des bâtiments tombés bloquaient les routes.

Aucun bombardier allemand n'a été abattu malgré des milliers de tirs antiaériens.

Pendant le raid et immédiatement après, il est généralement admis que le moral de la ville a failli s'effondrer.

"Nous étions tous recroquevillés sur le sol – une pure terreur." (Ilene Bees)

"Tu es resté là pétrifié." Alan Hartley, messager ARP pendant le raid.

« La première réaction a été le choc. La deuxième réaction a été « nous n'allons pas laisser ces connards s'en tirer ». Jean Taylor.

Les pompiers de la ville ont dû lutter contre les nombreux incendies avec un approvisionnement en eau limité car la plupart des conduites avaient été brisées lors de l'attaque.

À 23h50, la cathédrale Saint-Michel, vieille de plusieurs siècles, avait été détruite.

À 1 h 30 le 15 novembre, les flammes étaient si intenses qu'elles pouvaient être vues à 100 milles de distance. C'était une cible parfaite pour la deuxième vague de bombardiers qui est arrivée à ce moment-là.

Au total, le bombardement a duré 13 heures. 500 tonnes de bombes explosives ont été larguées avec 30 000 incendiaires.

Plus tard dans la journée, une équipe de « Mass Observation » est entrée dans la ville. En tant que journalistes officiels, on s'attendait à ce que tout commentaire sur leurs films suive les lignes de parti acceptées - beaucoup de dégâts mais l'esprit du peuple est élevé, les bombardements n'émousseront jamais la nature du bouledogue britannique, etc. Cependant, dans ce cas, 'Mass Observation' a rapporté que la ville avait subi une « dépression nerveuse collective ». Il a été rapporté que les survivants de la ville ont attaqué les pompiers pour avoir omis d'arrêter les incendies (même s'ils n'ont pas pu) et que des policiers ont également été attaqués. Le gouvernement était tellement irrité par cet échec à attiser le patriotisme de la nation qu'il a failli prendre le contrôle de la BBC, qui supervisait « l'observation de masse ».

À la fin de l'attaque, 75 % de tous les bâtiments de la ville ont été détruits, 33 % de toutes les usines ont été détruites et 50 % de toutes les maisons. La plupart des gens devaient vivre sans eau, sans gaz ni électricité. Alors que « l'observation de masse » avait mis le gouvernement en colère, il avait dit la vérité. Dans l'après-midi du 15 novembre, une rumeur a circulé dans la ville qu'une deuxième attaque était en cours. La nuit, 100 000 personnes avaient fui la ville pour la campagne environnante.

Ilene Bees, qui a survécu au bombardement, s'est souvenue du «désespoir total» qu'elle et d'autres ont ressenti dans la ville.

Il ne fait guère de doute que la ville était sur le point de s'effondrer d'un point de vue moral. C'est pourquoi le gouvernement était si irrité par « l'observation de masse » - il craignait que les habitants d'autres villes ne soient bouleversés par la croyance que ce qui était arrivé à Coventry pourrait arriver à leur ville.

Cependant, toute cette humeur de désespoir a changé le 16 novembre lorsque le roi George VI a visité la ville. Les observateurs ont noté qu'en l'espace d'une journée – et lié à la visite – le « Bulldog Spirit » que Churchill voulait capturer était bien en évidence.

Le 20 novembre, le premier de deux enterrements de masse a eu lieu. Au total, 568 personnes ont été enterrées. Alors qu'il s'agissait d'affaires très tristes et solennelles, les gens y ont noté un air de défi, de ne pas vouloir céder. Dans les deux semaines suivant le bombardement, certaines usines avaient ouvert leurs portes. Alors que les cuisines de restauration faisaient leur apparition, les bases de la vie avaient été gravement perturbées – eau, gaz, etc. Les habitants de la ville se sont vu proposer l'évacuation. Cependant, seulement 300 ont accepté l'offre. Les autres ont décidé de rester dans leur ville.

Le temps clair a permis à la Luftwaffe de filmer l'attaque. Ces films ont été utilisés dans des films de propagande dans l'Allemagne nazie et les nazis ont créé un nouveau «verbe», coventrate, qui était leur référence au bombardement de masse de la ville. Plus tard, lorsque la RAF et l'USAAF ont bombardé des villes de l'Allemagne nazie, ils ont utilisé les mots « bombardement de coventration » pour décrire leurs attaques de bombardement général.


Voir la vidéo: La conquête des Balkans 26 avril 1939 au 1er juin 1941